Un petit film qui commence comme une comédie paillarde légère, présentée un peu comme tel, mais qui très vite prend une autre dimension, en devenant une sortie d’Ovni , manifeste pour la liberté sexuelle et le libertinage. Thème rarement abordé en frontal au cinéma, car trop délicat et trop scabreux.
Il y a bien eu en France des morceaux de films très réussis sur le sujet , des frères Larrieu, de Gaspard Noé ou même aux USA de Larry Clark , mais pas comme sujet central d’un film.
Mais Paco Caballero réussi la prouesse de faire un film entier, sur ce thème, avec comme épicentre un club Libertin échangiste « le Paradiso » , théâtre et cocon d’un film choral, où des personnages très intéressants et originaux vont se rencontrer, échanger et parfois s’aimer.
Des profils très différents, couvrant quasiment tout le spectre de ce qui se fait en exploration sexuelle. Du couple libertin qui deviendra romantique, de jeunes hommes homosexuels qui se découvriront au travers d’un mur Glory Hole, de vieux couples hétéro qui ont besoin de s’encanailler, d’une future jeune mariée qui ne veut plus s’engager dans la monogamie. On retrouve tous les cas dans ce microcosme.
Une prouesse du réalisateur est de ne jamais tomber dans le graveleux, le glauque, beaucoup
de finesse, et même le luxe d’être très pudique, aucun des personnages principaux ne sera jamais dénudé, pas un bout de sein entrevu, cette pudeur est très astucieuse car elle valorise le fond sur la forme. On est dans un discours très « libertaire » sur l’individu et ses pratiques sexuelles diverses et variées, toutes respectées et valorisées.
Une bande son, excellente mélange de rumba colombienne , ou de très bons morceaux contemporains espagnols .
La bande d’acteur est formidable car il est très difficile de jouer juste dans ce genre de film, certains déjà vus dans des comédies, comme la très agréable Anna Castillo, star montante du cinéma espagnol , Prix Goya 2017 du meilleur espoir , délicieuse, attendrissante et charmeuse, ou Maria Leon , qui reçue elle aussi un Goya du meilleur espoir, 2012 , vue et remarquée la très bonne mini-série , « l’affaire Asunta ».