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L’intention de départ ayant guidé la réalisation de ce remake semble avoir été le rassemblement dans un seul film des images les plus spectaculaires circulant dans les vidéos de sports dits « extrêmes » : surf, escalade, vols en chute libre, snowboard, motocross, apnée… Jusqu’au combat de rue, le film catalogue l’un après l’autre ces sports extrêmes, dans un systématisme qui ôte bien vite tout réalisme et donc tout frisson aux exploits présentés, mais qui atteint effectivement à un spectaculaire original. L’autre risque de cette entreprise de listage d’images sportives hors du commun était de conférer à ce film de cinéma des allures de clip YouTube… Ecueil que « Point break » cite dès ses premières répliques, mais pas tant pour s’en moquer que pour mieux s’y vautrer tout au long des deux heures de film qui suivent.


Les personnages n’ont aucune crédibilité, aucune profondeur, et sont en définitive moins des personnages de cinéma que de clips publicitaires. La mise en scène est à l’avenant : elle se distingue par son manque de lisibilité, son incapacité à représenter un espace voire des gestes de manière claire. C’est que les séquences, qu’elles soient ou non d’action, sont toutes montées comme des clips, faisant fi de toute cohérence pour lui préférer le spectaculaire de quelques plans impressionnants.


Confusion morale


Derrière tout ça, surnagent non pas un mais des discours, qui ne cessent de s’opposer et de se contredire. « Point break » valorise la prise de risques dans la pratique des sports extrêmes, puis la dénonce quelques séquences plus loin, promeut ensuite un comportement antisystème, avant de s’en horrifier… Le film est d’une grande confusion, moralement flou. On s’en aperçoit lorsqu’on se rend compte qu’on peut lui faire dire n’importe quoi. Ce flou des intentions était déjà présent dans le scénario qui aurait mérité de nombreuses réécritures, mais a encore été accentué par les facilités de la réalisation qui achèvent de brouiller les pistes. Dans ses représentations des différents sports extrêmes, le film accumule une telle brochette de clichés et de raccourcis qu’on pense d’abord avoir à faire à une mise en scène parodique, avant de se rendre compte que ce qu’on percevait comme du second degré était du premier.


C’est de ce décalage, ce sérieux confinant à son insu à la parodie, et de cette naïveté mélangée à une gravité de pacotille, que nait le comique du film. Vu avec le recul approprié, la nullité se transforme en génie. C’est la définition-même du plaisir que procure un nanar.


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Ertemel
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le 18 févr. 2016

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