Intro déjà, boom, prends ça pour commencer...

Ensuite, une entame où quelques hommes commencent à dangereusement graviter autour d'un écran 60's censé hyper sophistiqué, les yeux carrément rivés dessus même, et nous derrière qui ne voyons que des dos... C'est le doute brutal : un thriller militaire braqué sur un faux écran qui montre une vague carte et deux trois triangles qui bougent ? impossible, ça marchera pas... J'en ai vu d'autres...

... J'ai eu le malheur de commencer à 1h, pas pu descotcher, il est 3h...

Avec un découpage d'une précision diabolique, des acteurs à la limite constante de s'évanouir tellement ils sont à fond dedans, trois décors c'est à dire deux pièces et un cockpit en tout et pour tout, le fameux écran Google earth antique omniprésent de bout en bout, quelques téléphones et autres boîtes qui clignotent du même acabit et une poignée de stocks shots d'avions passés en négatif, Sydney Lumet installe parfaitement l'ambiance aujourd'hui bien connue et fait monter la pression avec une précision rare (zoom féroce sur le général Bogan, seul moment de caméra rapide du film) en misant sur la conviction des acteurs et la classe naturelle de sa mise en scène.

Le scénario de guerre froide est connu depuis toujours, même sans avoir vu Folamour, et pourtant ça marche impeccablement et au delà des espérances. Une froideur implacable sert des répliques quasi exclusivement militaro-stratégiques à priori abscons, que nenni, affutées au scalpel et lancées comme des éclairs, une démonstration d'intellects sous pression, en action et en proie aux prises de décision les plus importantes de leurs vies, le tout sur une seule journée. Il y a du Blockbuster là-dessous, le trio principal est au taquet, le Président sans défaut, Henri Fonda magnifiquement crédible, le conseiller cynique, le général responsable, le ministre tendu, le chasseur irréductible, l'ennemi puissant et sournois, l'enjeu mondial, tout y est, mais c'est un huis clos. Pas une seule fois on ne voit cet ennemi. Pas une fois on ne sort de la pièce.

Bluffant. Lumet est décidément très fort.
drélium
9
Écrit par

Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de coeur et l'a ajouté à ses listes Top 30 Guerre, ...Le cas Lumet, °Chroniques de classiques, Les meilleurs films de guerre et Les meilleurs films coup de poing

Le 6 janvier 2011

119 j'aime

8 commentaires

Point limite
Torpenn
9
Point limite

Ah !!... Lumet !!!!

Sorti en 1964, la même année que Docteur Folamour, le film de Lumet propose sur le même thème que celui de Kubrick une version réaliste. Suite à une erreur d'ordinateur, une patrouille américaine...

il y a 12 ans

126 j'aime

63

Point limite
drélium
9
Point limite

Torpille

Intro déjà, boom, prends ça pour commencer... Ensuite, une entame où quelques hommes commencent à dangereusement graviter autour d'un écran 60's censé hyper sophistiqué, les yeux carrément rivés...

il y a 12 ans

119 j'aime

8

Point limite
Strangelove
10
Point limite

American Nightmare

Cela fait maintenant presque deux semaines que j'ai vu ce film. Deux semaines au cours desquelles il ne se passe pas un jour sans que mon esprit ne s'attarde sur Point Limite. La seule parenthèse qui...

il y a 8 ans

66 j'aime

5

Drive
drélium
5
Drive

Dry

Une masse du public en extase, une presse dithyrambique, une moyenne SC indolente, un paquet d'éclaireurs divers et variés quasi unanimes en 8 et 9. Même le projectionniste avant la séance me sort un...

il y a 11 ans

198 j'aime

86

World War Z
drélium
2
World War Z

Brade pire.

Misérable. Pire film de zombies. Je m'attendais à rien et j'ai eu rien. J'ai même eu plus que rien, ou plutôt moins que rien. Il n'y a rien. Les seules scènes valables sont les trois moments...

il y a 9 ans

177 j'aime

65

Requiem pour un massacre
drélium
10

Va et regarde la guerre

Il y a peut-être un micro poil trop de gros plans de visages pétrifiés qui mettent en évidence un fond légèrement binaire comparé à d'autres œuvres plus ambigües et analytiques. Il n'est pas question...

il y a 11 ans

169 j'aime

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