Chargé aux amphétamines, Kowalski fonce en bolide à travers les USA, déterminé à rejoindre San Francisco avant un ultimatum, et à ne pas s'arrêter devant les injonctions des forces de l'ordre. Au même titre qu'un "Easy Rider", "Vanishing Point" fait partie des films de la contre-culture de la période fin 60's/début 70's.
En effet, il ne s'agit pas ici d'une intrigue classique de chantage, menace, ou braquage. L'intérêt du scénario est justement qu'il ne donnera jamais d'explication sur les motivations réelles de Kowalski à se lancer dans cette fuite en avant. Des bribes de flashback dévoileront quelques éléments sur ce protagoniste mutique, laissant entrevoir un désir de liberté, un dégoût du système, un nihilisme, voire un côté suicidaire. Mais aucune piste ne sera privilégiée, laissant au spectateur le loisir de l'interprétation. A ce niveau, la scène finale a largement fait débat !
Au-delà de ce fond étonnant, "Vanishing Point" bénéficie de courses poursuites haletantes et sans temps mort. Elles s'inscrivent dans la mode de l'époque d'intégrer des poursuites en voiture dynamiques, très loin des projections statiques sur écran. Tournées dans de très jolis décors naturels, souvent désertiques, elles sont toutefois accompagnées d'une BO soul/rock sympathique.
"Vanishing Point" est donc une sorte de road movie frénétique et atypique, qui n'a pas volé son statut de film culte.