Dans un monde dystopique, où les poissons se raréfient, et qu'une des dernières baleines s'échoue sur une plage, un physicien essaie de perpétuer l'espèce en trouvant un poisson avec des pattes, alors que lui-même voudrait être père. Ce qui est compliqué dans un village avec seulement trois femmes...
Il est clair que je ne recommanderais pas Poissonsexe à tout le monde, dans le sens où ses particularités narratives ou formelles peuvent laisser sur le carreau pas mal de monde. Car il ne se passe que très peu de choses, le réalisateur semble fasciné par ce décor nuageux, presque une fin du monde en soi, mais est comme aimanté par Gustave Kervern, le physicien en question. Lequel traine sa tête de Droopy avec une naïveté et une candeur que je trouve touchantes. On le sent parano sur les bords, il laisse son portable dans un bol de riz pour éviter les ondes, uniquement intéressé par ce drôle de poisson qui a des pattes et par la perpétuation de sa propre lignée, car il a très envie d'être père, au point d'avoir déjà crée sa chambre. Il y a une rencontre avec India Hair que je trouve là aussi belle, car on voit que l'addition de leurs blessures, de leurs vies cabossées donne quelque chose de triste, mais de beau. Tout le film est dans cette étrangeté, surtout quand ça tourne autour de ce poisson, ou par cet enfant, qui pourrait arriver d'une autre façon, mais je vois surtout Poissonsexe comme quelque chose de désespéré, comme si une bombe explosait au ralenti. Mais avec douceur, ce qui donne un cachet très particulier...