Il y a une règle non écrite avec les remakes de classiques de l'horreur : on les aborde toujours avec un mélange de curiosité et d'appréhension. En lançant cette nouvelle version de Poltergeist, je voulais sincèrement lui donner sa chance, en espérant y trouver une relecture moderne et pertinente. Mais au bout de quelques scènes seulement, mon constat était déjà amer. Pour moi, ce film est le cas d'école parfait de tout ce qu'il ne faut pas faire quand on s'attaque à une œuvre culte. J'y ai vu un long-métrage qui sacrifie consciencieusement l'âme et la subtilité de l'original sur l'autel du tout-numérique.
Ce qui m'a le plus frustré, et c'est là que ma déconnexion a commencé, c'est la gestion frénétique du rythme. Si l'œuvre de Tobe Hooper m'a tant marqué, c'est justement parce qu'elle prenait un soin fou à installer un malaise rampant, une vraie gradation dans la terreur. Ici, j'ai eu la désagréable impression qu'on ne me laissait jamais le temps d'avoir peur. Le film m'a balancé une avalanche de phénomènes paranormaux à une vitesse folle, sans aucune montée en tension. Au lieu de ressentir de l'anticipation ou cette petite boule au ventre propre aux bons films de maison hantée, je me suis retrouvé face à un enchaînement mécanique d'effets visuels. À mes yeux, le résultat est malheureusement beaucoup plus bruyant qu'effrayant.
Et mon immersion, déjà bien fragile, a été définitivement brisée par l'écriture des personnages. Je suis généralement prêt à pardonner quelques maladresses dans le cinéma d'horreur, mais j'ai trouvé certaines de leurs décisions tout bonnement absurdes. Face à un drame aussi dévastateur que la disparition de leur propre fille, leurs réactions m'ont paru complètement artificielles et à côté de la plaque. Les acteurs font sans doute ce qu'ils peuvent, mais je n'ai perçu aucune épaisseur dans leur jeu, ce qui m'a totalement empêché de développer la moindre empathie à leur égard. Difficile de trembler pour une famille qui ne semble pas elle-même mesurer la gravité de la situation.
Visuellement, c'est là que j'ai ressenti le plus grand vide. En regardant l'écran, je n'ai perçu aucune vision artistique, aucune identité propre. J'ai eu le sentiment tenace de regarder un banal produit de commande qui coche docilement toutes les cases du cahier des charges horrifique moderne : des effets spéciaux qui manquent cruellement de texture et une atmosphère quasi inexistante. L'hommage au matériau d'origine m'a semblé atrocement superficiel, échouant sur toute la ligne à justifier son existence en tant que relecture contemporaine.
En définitive, je ressors de ce visionnage avec un profond sentiment de gâchis. C'est une œuvre lisse, sans inspiration, qui passe complètement à côté de ce qui faisait l'essence même de l'original. Si ce remake a réussi une seule chose, c'est bien de m'avoir donné une furieuse envie de revoir le vrai Poltergeist, qui reste, des décennies plus tard, infiniment plus efficace et traumatisant.