Pooja, Sir
6.1
Pooja, Sir

Film de Deepak Rauniyar (2024)

Mon premier film népalais sera donc cette enquête policière menée par l'enquêtrice Pooja Thapa dans une bourgade au sud du Népal, au bord du soulèvement populaire.

La minorité Madhesi ne rate pas une occasion de descendre dans la rue pour manifester son mécontentement envers le gouvernement au cri de "Mort à la police". Enquêter dans ces conditions sur l'enlèvement de deux jeunes garçons demandera pas mal de doigté à Pooja, que sa position de femme à l'androgynéïté revendiquée pourra cependant aider à gagner la confiance de Madeshi.

La mise en scène est plutôt réussie, les scènes de foule assez convaincantes, et l'immersion d'un spectateur occidental dans ce monde rarement évoqué chez nous se passe sans problème : on constate plus ce qui nous rapproche que ce qui nous éloigne. Contrairement à ce que je peux lire par ailleurs, l'identité de Pooja, chargée par la Capitale d'une enquête sensible, ne semble pas nuire à son travail, à aucun moment ses subordonnés ou supérieurs ne lui manquent de respect, insinueraient qu'elle puisse ne pas être à la hauteur. Sa vie de couple avec une autre femme apparaît à tous comme un non-sujet. S'il y a préjugés, mépris de classe, c'est bien envers tout un peuple.

Stylistiquement, Deepak Rauniyar recours parfois à des incises astucieuses, il insère au sein de scènes des évènements situés chronologiquement plus tard. L'effet est très réussi et donne beaucoup de rythme au film.

En revanche, côté scénario, j'aurai envie de quelques petits perfectionnements. Les tenants et aboutissant de l'enlèvement m'ont paru peu crédibles, et le comportement de certains personnages trop convenu. La passage d'une scène à l'autre manque parfois de fluidité, ou d'originalité, certaines intuitions de l'enquêtrice semblent sortir de nulle part, et le spectateur occidental peut se retrouver perdu dans l'intrigue que les problèmes linguistiques n'aident pas à suivre ... (évidemment, je ne distingue pas quand les personnages ne parlent pas la même langue, elles se ressemblent toute à mon oreille!)


En conclusion, Pooja, Sir est un bon film à qui il ne manquait pas grand chose pour être très bon, et qui vaut le détour pour son exotisme et le traitement tout particulier des stéréotypes dont il y aurait tout à fait lieu de s'inspirer ici.


OlivierHergault
6
Écrit par

Créée

le 17 août 2025

Critique lue 73 fois

Critique lue 73 fois

D'autres avis sur Pooja, Sir

Pooja, Sir

Pooja, Sir

6

babils1

168 critiques

Critique de Pooja, Sir par babils1

petit polar assez classique, qui a le mérite de montrer une géographie et une société très peu connue, en dehors des sentiers battus

le 14 déc. 2025

Pooja, Sir

Pooja, Sir

5

RaphaelKoster

563 critiques

Flic opaque

Incarné avec force par son actrice principale, l'intrigue suit les aléas de manifestations politiques en discriminations sociales, dont je saisis les contours sans bien expliciter le fond. La mise en...

le 3 nov. 2025

Pooja, Sir

Pooja, Sir

6

OlivierHergault

37 critiques

Enquête exotique

Mon premier film népalais sera donc cette enquête policière menée par l'enquêtrice Pooja Thapa dans une bourgade au sud du Népal, au bord du soulèvement populaire.La minorité Madhesi ne rate pas une...

le 17 août 2025

Du même critique

Aux jours qui viennent

Aux jours qui viennent

7

OlivierHergault

37 critiques

Thriller psychologique moyennement convaincant

Le film de Nathalie Najem nous fait voyager entre la Sicile et Nice, ce qui n'est jamais désagréable, sauf si l'on est mal accompagné. Or on découvre que Joachim (l'angoissant Bastien Bouillon [qui...

le 12 août 2025

Le Village aux portes du paradis

Le Village aux portes du paradis

5

OlivierHergault

37 critiques

Lent, beau mais très lent

Prenez du khat, ou à défaut un bon gros joint avant la séance. Ralentissez votre cerveau pour profiter au mieux de la lenteur du film. Mo Harawe étire à plaisir les scènes, et les dialogues."Ça s'est...

le 10 mai 2025

Brief History of a Family

Brief History of a Family

5

OlivierHergault

37 critiques

Sino esthétisant

Dès la première minute, j'ai eu des doutes : le film risquait d'être long. (ça s'est confirmé)Tout commence donc par une chute qui provoque une blessure improbable. Peu de spectateurs y verront un...

le 10 sept. 2025