« Ce film conte une histoire du porc vaillant surnommé Porco Rosso, qui se bat contre les pirates de ciel, pour son honneur, pour sa madone d'adoration et pour ses biens. »
Éloigné des dessins animés habituels de son réalisateur, Porco Rosso est pourtant, de mon point de vue, l'un des meilleurs films d'animation jamais délivrés par Hayao Miyazaki.
L'univers dans lequel Marco Pagot, chasseur de primes renommé, évolue est bien réel. Ici, la seule touche de magie se résume à la malédiction du personnage principal, condamné à vivre dans un corps porcin, gardant cependant ses émotions et son esprit humain.
Éloigné de la civilisation, Marco Pagot se repose sur une île au beau milieu de la mer. Il écoute son air préféré à la radio, le temps des cerises, la tête camouflée par une revue de cinéma. Ne se souciant de rien d'autre que de lui-même, le chasseur de primes ne cesse de penser à l'ancien temps, là où tout était plus simple.
Rapidement, cette nostalgie gagne le spectateur, devenant mélancolique d'un temps inconnu.
Porco Rosso, ce n'est pas un scénario à couper le souffle, ce n'est pas une intrigue palpitante. À vrai dire, on devine facilement la fin de l'histoire, mais ce n'est pas un défaut. Cette simplicité permet de se concentrer sur l'essentiel, les émotions.
Grâce à cette simplicité, on peut s'enfoncer au fond de son siège, se plonger dans son lit, puis seulement contempler.
L'animation et la musique permettent de renforcer cette mélancolie, mais donnent aussi un côté plus mature à l'œuvre. Regarder Porco Rosso me donne l'impression d'être installé sur un port italien, une limonade dans la main droite, une cigarette dans la gauche. J'y contemple une mer magnifique qui s'étend sur des kilomètres, au-dessus de nous, des avions transpercent l'air vers des directions inconnues. Bref, l'impression de vivre quelque chose de lunaire, que je ne vivrais sûrement jamais.
Je pourrais m'étaler sur des dizaines de lignes et donner une multitude d'autres raisons qui font de Porco Rosso un excellent film : critique de la guerre, de ses absurdités, place de la femme et démonstration de l'anti-manichéisme.
Néanmoins, d'autres critiques le font bien mieux que moi et j'ai préféré parler de ce qui m'a vraiment touché dans ce long-métrage.
En bref, je ne peux que vous conseiller de regarder Porco Rosso et de vous faire votre propre avis.
Enfin, vous pouvez toujours écouter réflexions basses et trouver une petite surprise pendant la musique.