Les années 80, c’était la période ego-trip-flic pour Alain Delon, qui voulait rivaliser avec Belmondo et phagocyter l’écran dans des polars musclés. La recette type : Alain Delon est producteur, à l’occasion scénariste ou même ici réalisateur. Alain Delon incarne un flic, ex-flic, ou truand. En tout cas un homme solitaire à la peau dure. Il y a le mot « flic » dans le titre. Et Alain Delon est partout. Souvent seul sur l’affiche, et toutes les scènes tournent autour de lui.
Ici, il joue un détective privé, ex-flic (ce qui au passage fait mentir le titre, mais pas grave, on place quand même « flic »). Embauché pour retrouver une jeune aveugle, il se fait happer dans une histoire entre des flics ripoux et des gangsters. Il ne faudra pas chercher trop loin dans le scénario, qui fait le minimum syndical. En particulier, la conclusion est expédiée, et il ne sera pas vraiment fait usage de la cécité de la jeune fille disparue.
La caractérisation des personnages secondaires est elle-aussi minimale. Dont le personnage de l’amante/secrétaire improbable, interprétée par une Anne Parillaud très fausse. J’ajoute que les 25 ans d’écart avec Alain Delon rendent leur romance / plan Q assez malaisant à l’écran… mais à la rigueur ils étaient en couple à la ville à l’époque.
Et puis il y a des choix un peu étranges de mise en scène. Dont cette chanson blues qui parait hors de propos, et qu’on va nous resservir ad nauseam entre les scènes. A côté, Delon est visiblement très content d’être réalisateur, et en profite pour placer beaucoup de références cinématographiques, parfois forcées, mais pourquoi pas.
La secrétaire cinéphile, des affiches éparpillées çà et là, la mention de Belmondo… Également un caméo de Mireille Darc, l’autre compagne de Delon de l’époque (quel lover !). Et même un petit rôle d’infirmière tenue par Brigitte Lahaie, star du X français qui faisait aussi du cinéma conventionnel à l’occasion. Que les polissons se calment, elle ne finira ni nue, ni dans le lit de Delon (quel loser !).
Bon, pas beaucoup de positif dans ce que je dis, mais « Pour la peau d’un flic » se laisse toute de même suivre. Ca reste rythmé, avec plusieurs poursuites et règlements de compte. Et on a beau critiquer son melon, Alain Delon reste un acteur magnétique capable de porter ce genre de polar.