Chain Reaction témoigne tout à la fois de l’essoufflement d’un modèle du thriller à grand spectacle que de sa schématisation excessive, car se voit ici synthétisée la colonne vertébrale de succès hollywoodiens dans lesquels des personnages innocents luttent contre une menace plurielle, institutionnelle et en marge de l’institution, afin d’obtenir réparation. Son réalisation, Andrew Davis, avait d’ailleurs signé trois ans plus tôt le très efficace The Fugitive ; il reproduit à l’identique une recette qui perd aussitôt de sa saveur et de son intérêt, appliquée à une intrigue guère crédible qui mêle propos écologiste facile et complot industriel changeant ses personnages en fantoches avec grimaces et cigare au bec.
L’ensemble frôle le nanar, finit par y tomber, contraint Keanu Reeves à courir dans tous les sens tel un MacGyver et Rachel Weisz à rejouer le cliché de la belle (physicienne) éplorée qu’il faut sauver. La partition musicale que signe Jerry Goldsmith confère un faux rythme et gonfle un film assez vain, quoique divertissant et mis en scène avec nervosité – exception faite du montage charcutier.