« All you zombies » (1958) pour les vrais zombies d'aujourd'hui!

La nouvelle de Heinlein était une plaisanterie subtile, aiguisee et très brève (comme les meilleures). Elle était écrite sur un ton entierement ironique et humoristique. Le titre lui-même était brillant et drôle, et l’ensemble constituait un exercice fantaisiste qui, en 1958 avait ravi les amateurs de science-fiction... Ce film long, lourdingue, pesant, interminable malgré sa duree courte, rebaptisé avec un titre vraiment navrant, est présenté comme un thriller sombre et sérieux… C’est une version pour les imbéciles dépourvus d’humour et de finesse, si vous voulez. L'idiocratie l'exige.


Pour vous donner une idée du niveau de stupidité catastrophique de ce film, il suffit de regarder le titre de la nouvelle dont le script est tiré : « All you zombies ». Heinlein a choisi ce titre car le terme « zombies » provient d'une réplique du protagoniste à la fin du récit, lorsqu'il remet en question la réalité et le libre arbitre de ceux qui l'entourent. Il évoque le concept philosophique de solipsisme, l'idée que seul son propre esprit existe avec certitude. Dans cette existence tentaculaire et cyclique, le personnage est totalement seul, entouré de « zombies » dépourvus de l'existence qu'il génère lui-même. Le titre est donc la clef meme de cette nouvelle! Heinlein. s’amuse, stimulant son intellect en se livrant à une poésie un tout de petit peu sophistiquée, mais pleine d'humour et d'ironie. Et cela n'etait pas du tout trop complexe pour les lecteurs de Playboy, puisque c'est la que paraissait son travail.

Mais 50 ans plus tard, des rhinoceros débarquent et décident d’en faire un thriller lourd et maladroit, qu’ils rebaptisent  "Prédestination" pour faire le plus idiot possible. C’est plutôt triste, non ? Anyway, si vraiment vous êtes prêt à faire preuve d'un QI minimal et cherchez un film pour passer le temps… eh bien, je vous conseille de tout zapper et a la rigueur regrdez juste la fin puisque l'intrigue consiste en du remplissage inutile, incroyablement ennuyeux, juste pour ces cinq dernières minutes ou enfin les auteurs introduisent le postulat de la nouvelle de Heinlein. Tout le reste est terriblement médiocre et fastidieux.


Pour conclure, et si quelqu'un avait dit à Heinlein en 1958 que sa petite histoire de paradoxe temporel « All you zombies » serait transformée en un film justement destiné à un public de zombies, de vrais zombies cette fois, des zombies très actuels, ceux du futur, en 2014 !

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