Là Premier linéaire plus où. n'est le Contact temps,

Le problème que vous pose le titre, c'est celui que me pose le film.
Je vous la refait normalement :



Premier Contact, là où le temps n'est plus linéaire.



Je n'avais absolument pas entendu parler de "Premier Contact" avant de voir la bande-annonce au cinéma quelques semaines avant sa sortie, celle-ci m'a rendu curieux avec son ton très énigmatique et sobre, je suis donc allé le voir dès que possible.


Les lumières s'éteignent, le film commence, l'intrigue se met en place et nous apprenons à connaître le personnage du Docteur Louise Banks, nous vivons à travers elle dès les premiers instants, nous découvrons sa vie de femme seule, avec sa grande maison aux abords d'un lac, son métier d'enseignante en histoire des langues en parallèle de ses travaux secret défense, la façon dont elle apprit l'arrivée des extraterrestres et comment elle se retrouva chargée de communiquer avec eux.


On comprends très vite que Amy Adams est le cœur même du film, la mise en place de l'intrigue passe par son personnage et tout cet épisode d'introduction permet à Dennis Villeneuve d'attiser votre curiosité avec de courtes séquences exposant un pan de la vie de Louise qu'on ne connait pas encore.


Le film progresse, les images sont sobres et matures, pas de fioritures, tout va à l'essentiel. Les extraterrestres (nommés heptapodes), se dévoilent doucement, un long teasing qui s'accorde parfaitement à la manière dont le contact s'établit.
Le sujet étant assez peu connu du grand public, l'attention est à son comble, comment ferait-on pour échanger avec des entités si éloignées et différentes de nous ?
Le couple Louise et Ian (notre linguiste et un scientifique dont la présence et l'utilité seront à remettre en question), entame une procédure pour apprendre à communiquer, c'est lent mais esthétique et le spectateur ne peut s'empêcher de théoriser et de réfléchir sur les éléments et les hypothèses mises en avant.


Cette première partie était pour moi proche de la perfection, un rythme si peu soutenu qui captait mon attention, j'étais charmé.
C'est la suite qui me fit déchanter, les facilités scénaristiques apportées par le simple apprentissage (si on peut le qualifier ainsi ...) d'une langue inconnue, la cassure totale de l'ambiance du film qui se voulait lente et délicate avec une mutinerie et des gouvernements qui s'excitent.
Mais merde, à quel moment on déciderait d'attaquer des créatures à priori pacifistes dont on ne connait aucunement les capacités, ni même la composition du vaisseau dans lequel elles s'abritent ?


De fil en aiguille les déceptions s'enchaînent, les séquences sur "l'autre vie de Louise" sont de plus en plus fréquentes et mal amenées, un vulgaire outil du réalisateur pour vous piéger et maintenir votre curiosité, une arnaque scénaristique, je n'ai pas d'autres termes.
La séquence où l'échange entre Louise et l'heptapode se fait directement, sans intermédiaire technologique, on est sur de la communication, la méthode de transmission est radicalement différente mais ça n'a pas l'air de poser trop de soucis, puis, progressivement on tombe dans l'abus scénaristique sous prétexte que le langage est non-linéaire, une fois qu'on le maîtrise, notre perception du temps devient elle aussi non-linéaire et on peut ainsi faire tout et n'importe quoi, comme rencontrer le dirigeant de la Chine, discuter rapidement avec lui jusqu'à ce qu'il nous dise gentiment à l'oreille tout ce dont on a besoin, les derniers mots de sa femme par exemple (évidemment, on adore répéter ce genre de propos à n'importe qui).


Sur ce, on règle un conflit mondial, on instaure de la romance, on pose une petite réflexion philosophique (seules utilités de Jeremy Renner, qui incarne le scientifique Ian), on dit au revoir aux heptapodes qui disparaissent comme ils sont venus, bref on fout tout en l'air pour terminer sur la naissance d'un enfant dont le destin est prédéterminé malgré la capacité de sa mère à voir le futur, sauf que le temps est censé être non-linéaire mais que là le scénario à plus besoin de ça donc on s'en fout, on oublie tout, le temps c'est linéaire, c'est pas grave si la fin est nulle, c'est joli et tout le monde est heureux.


On peut pas tout jeter mais le film aurait franchement dû se passer de vouloir en faire trop, se cantonner à l'hypothétique déroulement de la mise en place d'une communication inter-espèces plutôt que de sombrer dans le traitement du temps et les possibilités induites si l'Homme était apte à interagir avec celui-ci.

Alexlel
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le 11 déc. 2016

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