Fils d'un guide de haute montagne, Jean doit renoncer à ses rêves car souffrant de vertiges après un accident. Célébré au moment de sa sortie pour la qualité de ses prises de vue d'ascensions, le film reste aujourd'hui tout aussi remarquable pour cet aspect ainsi que pour le portrait exaltant d'une petite communauté. Il l'est moins pour la qualité de son intrigue, parfois confuse et elliptique, et pour son interprétation très inégale, hormis pour ses seconds rôles (Bacquet, Dufilho). Après Nous les gosses, Premier de cordée est le dernier film de Louis Daquin, tourné sous l'Occupation. Réalisé sous le haut patronage du secrétariat général à la Jeunesse et aux Sports, le film sera souvent attaqué pour son idéologie, jugée trop proche des valeurs vichystes, notamment celles de la famille et de la solidarité masculine (avec une place de la femme bien définie). Un paradoxe quand on sait que Daquin était alors à la tête d'un syndicat communiste clandestin.