Belle découverte qu’est cette fable sur le retour hypothétique de deux ex-présidents sur le devant de la scène à trois mois d’une nouvelle échéance nationale cruciale.
Cette comédie d’Anne Fontaine est racontée sous la forme d’un conte. Que se passerait-il si…? Il nous permet une réflexion sur la politique et le destin de ses hommes qui ont goûté au pouvoir de la charge suprême. L’après-quinquennat.
Le film est truffé de sublimes dialogues, tour à tour sur l’humour avec des joutes verbales ponctuées de bons mots et de tirades sur la mélancolie de la vie quotidienne ou sur un rêve, une utopie de gouvernance idéalisée par les deux principaux protagonistes.
La réalisation et la photographie sont anecdotiques mais là n’est pas l’essentiel. Tout comme l’écriture, le jeu des acteurs est au diapason. Même si son rôle le veut ainsi, Grégory Gadebois est juste mais un ton en dessous. Jean Dujardin bouffe littéralement tout sur son passage. Toujours aux limites de la caricature, de la parodie et aux frontières du surjet, il délivre une partition sublime pleine d’énergie, de fragilité et de sensibilité.
Dora Tillier et Pascale Arbillot ne sont pas en reste avec des rôles de femmes volontaires, qui ne sont pas de simples accompagnatrices de grands hommes. Elles sont souvent plus justes, vraies que leurs compagnons.
C’est un film sur le désir, désir de pouvoir, de conquête, aussi bien politique, qu’humaine et affective.
Et que dire de la reprise de « je l’aime à mourir » très à propos.
Un très bon moment. Drôle et stimulant.