J'avoue que je m'attendais à quelque chose de mauvais avec cette affiche et ce pitch, une sorte de sous-rainnman ou de sous-8ème jour.
Et les premières images m'ont conforté dans cette position, avec cette séquence d'ouverture sur cet handicapé qui respire la joie malgré son handicap. Non pas que les handicapés sont forcément des miséreux, mais je n'aime pas ce regard porté comme quoi ce serait des gens formidables dont on aurait tout à apprendre. Heureusement, l'écriture permet surtout de se focaliser sur une quête toute autre et de traiter un peu dur egard des autres plutôt que de nobiliser l'handicapé. La caratérisation est également intéressante : le bonhomme est ici intelligent grâce aux nombreux livres qu'il a lus, mais par sa manque de pratique, se révèle très maladroit socialement.
L'autre personnage est assez bien écrit aussi, mais c'est aussi la performance assez sobre de Bernard Campan qui va permettre de tout fluidifier : il est bien veillant mais n'en fait jamais des caisses ; en fait, il se comporte avec lui comme face à n'importe quelle autre personne dans sa manière d'être (bien sûr il doit se concentrer pour le comprendre, mais en terme relationnel il est pareil avec tout le monde). La mise en scène est globalement assez sobre, la caméra est bien située pour suivre les deux loustics, sans trop les coller non plus (ça évite le misérabilisme ou au contraire un côté feel good trop poussif). Le montage est bien opéré, le film n'est d'ailleurs jamais trop long. La photo est un peu tene, plate, ça fait parfois téléfilm, à l'exception de quelques plans plus léchés, mais le tout reste potable.
L'on pourra reprocher un manque de scènes fortes : tout se déroule trop bien, les conflits sont là oui, mais il sont mineures, et les conflits un peu trop faciles. L'on s'attend à ce que quelque chose dégénère mais le récit reste toujours sage, convenu ; et si parfois on est à la limite de l'incorrect de par un ton très humain, ça reste malgré tout bien rangé, ce qui est dommage quand on se souvient d'où vient Campan.
Bref, petite comédie dramatique sympatoche.
PS : j'imagine que le fait que le second auteur/réalisateur/acteur principal du film soit réellement handicapé aide à rendre le personnage moins misérable.