Après le catastrophique The Predator de Shane Black, je n'attendais absolument rien de Prey et je n'ai pas été déçu malgré quelques défauts sur lesquels je vais revenir dans cette critique.
L'histoire nous propose de suivre les pérégrinations de la déterminée Naru qui cherche à devenir une chasseuse alors que cette activité est réservée aux hommes de la tribu. Le film de Dan Trachtenberg impose une mise en scène sobre, sans esbrouffe ; peut-être est-elle dû à un budget limité à cause d'une sortie en VOD plutôt qu'au cinéma mais le résultat est intéressant et apporte une certaine authenticité au récit. On y retrouve donc l'esprit du film culte de John Mc Tiernan avec ce sentiment d'oppression d'une nature vampirisée par le Predator, les scènes d'action bien gores s'enchaînent sans temps mort et les comédiens ont le bon goût de ne pas faire dans le pathos. On passe un très bon moment même si Prey n'atteint jamais le brio du Predator de 1987 ou la fougue du second épisode de 1990.
Maintenant il nous faut passer aux faiblesses de ce film et du coup je me dois de passer en mode spoil.
Rédigeons une petite liste de certaines incohérences : Pourquoi Naru ne se fait pas bouffer par le lion lorsqu'elle chute de l'arbre, comment les colons connaissent l'existence du Predator alors qu'il utilise un camouflage d'invisibilité, pourquoi ils attachent Naru et son frère à un arbre à côté d'un piège à ours qui peut servir pour couper leurs liens ou encore pourquoi Naru parvient à enchaîner le Predator aussi facilement à la fin alors qu'il vient de tuer la moitié de la faune locale et des humains présents dans le secteur sans sourciller (sans parler de la facilité avec laquelle Naru parvient à utiliser une technologie extra-terrestre qu'elle ne connait pas.)
Ensuite nous devons parler de l'aspect Woke de Prey qui tente de réhabiliter les natifs d'Amérique mais qui sombre dans la caricature des colons qui sont réduits ici à des abrutis barbares obsédés par la destruction. Cette thématique est traitée de manière tellement grossière qu'elle nuit à la crédibilité historique du récit.
Enfin il nous faut revenir sur le féministe sous-jacent du film qui n'est pas gênant en soi mais qui est exploité de manière beaucoup trop opportuniste pour parvenir au résultat convenu. Ainsi Naru est bien trop forte par rapport à ses camarades masculins, elle se sort des situations trop facilement et surtout elle gagne avec trop d'ostentation son combat final, décrédibilisant du coup toute l'authenticité qu'un cheminement plus compliqué lui aurait apporté.
En conclusion si Prey s'avère être un bel hommage au film culte de 1987, efficacement réalisé et proposant son lot de gore assumé à même de régaler les fans de films de genre, Dan Trachtenberg use aussi de grosses ficelles scénaristiques et son film souffre aussi d'incohérences ou de caricatures qui l'empêchent de n'être qu'un bon film Predator alors qu'il aurait pu être le Predator ultime. Dommage.