Au milieu des années 2000, le présentateur Chris Hansen et sa productrice Andie Bender entreprennent de marquer l’histoire de la télévision avec un concept novateur (et voyeuriste)…
Après les retraités (Some Kind of Heaven - 2020) et les donneurs de sperme (Spermworld - 2024), Lance Oppenheim réalise ici son premier long-métrage de fiction (après être passé par la case documentaire) en s’inspirant de l’émission de téléréalité "To Catch a Predator", diffusée dans le cadre de l'émission "Dateline" (un magazine d'information) sur NBC entre 2004 et 2007 et présentée par Chris Hansen. Le concept était simple, piéger des pédophiles (avec des adultes se faisant passer pour des mineurs), le tout, avec l’aide de la police et retransmis à la télévision devant des millions de téléspectateurs et ce, sans la moindre censure. Le concept était novateur et précurseur pour l’époque, bien avant que des youtubeurs en mal de sensation se prennent pour des justiciers.
Primetime (2026) explore les coulisses de cette célèbre émission qui fit les beaux jours de la télévision américaine, parfaitement racoleuse et où l’humiliation sur la place publique servait de divertissement à la masse populaire (ne vous méprenez pas, je n’ai rien contre le fait de dénoncer les pédophiles, mais de là à en faire un spectacle…). Avec cette adaptation, le réalisateur peine à convaincre faute de renouvellement. On connaît le sujet, notamment à travers l’excellent documentaire de David Osit (Predators - 2025) et ne parvient jamais à lui arriver à la cheville.
On a l’impression que le film a été faussement romancé pour parvenir à ses fins et c’est regrettable car à côté de ça, la psychologie des protagonistes est parfaitement bien retranscrite, notamment l’obsession de Chris Hansen d’être mis en avant au détriment de ses convictions morales (la chasse aux pédophiles passe au second plan au profit de la chasse à l’audimat où son émission se retrouve à être diffusée face à la série Lost).
Tout ce que parvenait à dénoncer le documentaire de David Osit est passé sous silence (excepté le climax, mais si grossier qu’il fait l’effet d’un pétard mouillé), malgré l’excellente interprétation de ses comédiens (Robert Pattinson & Skyler Gisondo en tête), pas sûr que l’on en retienne autre chose, dommage.
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