Et non, "Prince of Darkness" n'est pas un biopic sur Ozzy Osbourne. Quoi qu'avec la (petite) présence d'Alice Cooper, par ailleurs carrément montré sur certaines affiches, la confusion puisse exister...

C'est un John Carpenter pur souche, qui s'inscrit dans sa fameuse trilogie thématique de l'Apocalypse (avec "The Thing" et "In The Mouth of Madness"). Et c'est en prime un huis-clos, genre fétiche du réalisateur.

L'histoire : des scientifiques universitaires sont convoqués dans une église abandonnée, afin d'aider un prêtre à gérer un mystérieux cylindre contenant un liquide verdoyant, qui pourrait n'être rien que de moins que l'Antéchrist !

A mon premier visionnage, j'avais été quelques peu décontenancé par l'intrigue, limitée à une montée en puissance de l'entité liquide. Par l'humour ringard du personnage de Dennis Dun, et par quelques personnages jetables.

Ce revisionnage m'a permis de bien rehausser mon estime pour ce film. J'y apprécie maintenant beaucoup les idées barrées de John Carpenter. Qui mélange ici science et religion, dans un cocktail osé. On y apprend que toute la doctrine catholique est une fumisterie ("nous sommes des vendeurs"), masquant que les forces du mal sont en réalité composées d'anti-matière !

Je m'arrête là pour ne pas divulgâcher, mais ça va assez loin sur cet aspect. Citant pêle-mêle le chat de Schrödinger 20 ans avant la série "The Big Bang Theory", les équations différentielles, et j'en passe. Evidemment il y a quelques erreurs (et oui, il est impossible de dater un objet de 7 millions d'année au carbone 14, qui ne dépasse pas les 50 000 ans, mais c'était bien essayé). Enfin vu le niveau de recherche, et l'intelligence du scénario, je ne vais pas chercher la petite bête... contrairement aux méchants de ce film...

"Prince of Darkness", c'est aussi ponctué d'un humour noir grinçant. Dont le personnage de Walter, explicitement gay... qui doit littéralement sortir du placard pour sauver sa vie ! A noter que certains ont même vu dans le film une analogie du VIH, avec ce mal qui se transmet par un fluide corporel...

Le film est par ailleurs très généreux dans son spectacle purement horrifique. Si le récit est lent, le malaise est immédiat, et ira crescendo. Appuyé par une BO au synthé angoissante typiquement carpentérienne, des jumpscares qui fonctionnent bien, des figures étranges, des insectes rampants, des zombies, et autres joyeusetés. Quelques scènes gores sont particulièrement amusantes !

On y retrouve également quelques acteurs habitués (ou futurs habitués) du réalisateur. Et des visuels assez marquants (dont les scènes autour des miroirs), assez étonnants pour un film au budget limité (3 millions de dollars).

Un vrai à (re)découvrir ce travail de John Carpenter.

Redzing
8
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Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Les meilleurs films de John Carpenter et Les meilleurs films de 1987

Créée

le 7 août 2020

Modifiée

le 17 janv. 2026

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Redzing

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