En apparence, c’est l’histoire toute simple de deux types (Alvin et Lance) qui refont le marquage d’une route au milieu d’une forêt du Texas, un an après un terrible incendie. En réalité, c’est un film aux multiples facettes, ayant de nombreux niveaux d’interprétation. En voici quelques uns :

C’est un « buddy movie » (film de potes). D’ailleurs, Paul Rudd (Alvin) c’est illustré dans les films de Judd Apatow.

Bien que leur machine peignant le sol avance lentement, ils doivent déplacer régulièrement leur campement. Il s’agit donc d’un road movie.

C’est un film écologique : le réalisateur « enregistre patiemment la manière dont les cendres vont sédimenter, fertiliser la terre [...] pour nourrir un nouveau cycle de vie. » (Isabelle Régnier, Le Monde du 30/10/12). On y voit oiseaux, poissons, tortue, putois, ânes, chenilles, poules, etc.

C’est une adaptation en comédie de « la Route », roman de science-fiction très grave de Cormac McCarthy dont John Hillcoat a tiré un film : un père et un fils (ici, de substitution) avancent sur une route dans un monde mort, au milieu des cendres.

C’est du Beckett, à mi-chemin entre « En attendant Godot » et « Oh les beaux jours » : deux personnages quasiment seuls, au milieu de nulle part, discutant du sens de la vie, parfois de façon sérieuse, parfois de façon débridée.

C’est une comédie sur les conséquences dévastatrices de l’insouciance et de la négligence des hommes (Gérard Delorme, Première d’octobre 2013) : incendie, rupture de couple, grossesse non désirée.

C’est un film psychologique dans lequel s’opposent le rigide Alvin et le vaporeux Lance, obligés de cohabiter (Thomas Baurez, Studio Ciné Live d’octobre 2013).

C’est le reflet terrestre de « Gravity » d’Alfonso Cuaron : deux personnages isolés dans un décor unique, « que l’auteur poétise par des échappées élégiaques grisantes », mélangeant « méditation mélancolique » et « burlesque potache » » (Isabelle Régnier, Le Monde du 30/10/12).

C’est un film social : « dédié à l’Amérique profonde, celle, souvent moquée, du fin fond du Texas. Un univers témoignant d’un véritable amour des classes populaires, et du choix de mettre en avant la beauté des sentiments, de révéler la beauté de moments simples » (critique de Gaël Martin pour Cinematraque http://www.senscritique.com/film/Prince_of_Texas/critique/23983117)

C’est « un film contemplatif virant presque au fantastique, lorsque les protagonistes errent dans les limbes de la solitude, dans cet espèce de triangle des Bermudes forestier » (critique de Filmosaure).

C’est une réflexion sur la vie, la mort, la renaissance, et on peut se demander si le personnage d’Alvin ne fait pas référence à celui joué par Richard Dreyfuss dans « Always » ou celui joué par Bruce Willis dans « Sixième sens ».

C’est un film de fantômes car le réalisateur laisse planer le doute sur la réalité des deux personnages étranges qu’Alvin et Lance croisent dans la forêt : le vieux camionneur et la vieille pilote d’avion.

A moins que le camionneur, qui leur donne de l’alcool pour se saouler, ne représente le diable, et que la vieille dame, ancienne aviatrice, sourde aux sollicitations terrestres, ne soit un ange ?

On dirait parfois du Tex Avery et parfois du Terrence Malick (critique de Filmosaure http://www.senscritique.com/film/Prince_of_Texas/critique/23770023). Il montre la beauté de la forêt en automne, soulignée par une belle bande son.

On pense un peu au "Darjeeling Limited" de Wes Anderson (critique de djaevel http://www.senscritique.com/film/Prince_of_Texas/critique/23761632)

C’est un film au(x) titre(s) mystérieux : le titre original est « Prince Avalanche » (?) et le titre français est « Prince of Texas » (??).

C’est le remake d’un film islandais de 2011 intitulé « Either way » sur lequel on ne trouve quasiment rien dans SC, Allociné, Wikipedia et IMDb...

Mais vous en trouverez surement d’autres...
Gritchh
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le 2 nov. 2013

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