T'as un peu d'argent ? - Un peu, ouais. - J'espère que ça sera assez pour s'acheter un miracle.
J'ai toujours aimé les contes. Vraiment beaucoup. Les histoires, celles que mamie te raconte quand t’es gamin, celles que tu redemandes encore et encore, que tu rembobines en boucle dans ta tête pour les apprivoiser. Génial. Et depuis que j’ai lu Sandman, c’est pire : je suis comme un camé qui a besoin de sa dose. Du coup, forcément, les œuvres qui jouent avec le fait même de raconter une histoire, qui triturent la narration au lieu de faire semblant qu’elle n’existe pas, ça a le don d'affermir mon slip.
Et oui, il aura fallu que le pauvre Reiner se fasse tragiquement trouer par son fiston pour que je me décide enfin à découvrir cette perle. Mon Dieu, des films comme ça, on en croise pas souvent. C'est dommage. Mais si jamais : La Nuit d’Orion, je conseille.
Le Grand Amour. Existe-t-il plus noble cause ? - Un grand Big Mac.
À l’époque où Disney dormait encore du sommeil de sa Belle, les gosses avaient deux options pour continuer à rêver : 1) regarder du côté du Japon ou 2) bifurquer et se perdre dans la forêt obscure et un peu dingue de la fantasy des années 80. Princess Bride, c’est incontestablement un des trésors de cette époque. Un film qui préfigure de beaucoup l’aspect méta des 90’s.
Sous ses airs de conte tout simple – Mario doit sauver Peach des griffes de Bowser – le film par joyeusement en vrille. Les dialogues chaussent leurs bottes de 7 lieues et t’embarquent dans un monde où un pirate mythique croise un géant, où des épéistes ambidextres parlent plus qu’ils ne croisent le fer, où une machine peut aspirer la vie, etc. Chaque idée semble là juste parce que c’est cool de la raconter. C'est foutraque, mais jamais gratuit. Tout est au service du plaisir de l’histoire. Et niveau répartie, franchement, même le Chat Potté peut aller se rhabiller. Voyez-le en VF, je vous en conjure.
Je crois que je t'ai tué trop vite, la dernière fois. Une erreur que je ne vais pas recommettre, ce soir.
Les personnages secondaires éclatent l’écran façon puzzle : l’homme aux 6 doigts, Inigo Montoya et sa vengeance obsessionnelle, André le Géant lanceur de pierres, Bouton d’Or, le Grand Pirate Roberts dont on se file le titre de génération en génération de crapules car “c’est le nom qui est important pour inspirer la peur”, des RTI (rongeurs de taille inhabituelles), un tortionnaire tentant d'écrire son magnum opus sur la Souffrance Ultime, un filou sorcier, un homme pas trop mort, un livre capricieux, un méchant bien méchant, et bien sûr : Colombo qui se la joue père Castor.
Et malgré toute cette parodie, 0 cynisme à l’horizon. C'est la force du film, sa magie. L'humour n’est jamais là pour se foutre de la gueule du récit, mais au contraire pour nous défaire de notre satané cuirasse de scepticisme. L'absurde sert de pierre à aiguiser. Car par l’entremise de la comédie qui t'aide à baisser ta garde, le scénario dépoussière la tradition du conte pour garder intact son pouvoir. L'imaginaire, encore et toujours.
Depuis l'invention du baisé, 5 seulement ont été classé comme les plus passionnés et les plus pures. Celui-ci les surpassa tous, de très loin.