Pris au piège - Caught Stealing est un film à part dans la carrière de Darren Aronofsky. Lui qui a décrit la schizophrénie dans Black Swann, la drogue dans Requiem for a Dream ou la quête de rédemption dans The Wrestler, est également un réalisateur qui a relancé la carrière de certains acteurs en déclin (Nathalie Portman, Mickey Rourke ou Brendan Fraser). Ici, il ne relance personne mais s'entoure s'entoure d'un casting de haute volée en faisant confiance à la nouvelle génération.
Le fait que le film soit assez punk sur les décors, sur la musique, sur la brutalité, ou sur le fond s'explique par le contexte de l'époque. On est en 1998, à New York, les tours jumelles du World Trade Center tiennent encore debout, mais les rues sont sales, il y a des graffitis, des voyous, des flics corrompus, la mafia, des juifs orthodoxes qui fricotent avec les bandits, de la drogue, de l'alcool, du sexe débridé, de la baston, les clochards dorment dans la rue, les poubelles débordent sur trottoirs, les téléphones publics sont fatigués et mal maquillés par les tags mais tiennent encore debout malgré les débuts du téléphone portable, et culturellement, ça vit : il y a une scène punk underground qui tente de résister malgré l'apogée du rap (ce n'est pas abordé dans le film) et qui perd de son souffle. A l'époque, certains albums punk-hard-métal comme Americana de The Offspring, Follow the Leader de Korn, Garage inc. de Metallica ou encore l'émergence de Marilyn Manson font parler. La bande son est composée par The Idles - un groupe punk, tiens donc ! ^^ - qui signe des morceaux qui cassent la baraque (certains sont des créations originales). Cependant, j'ai beaucoup apprécié réentendre Rock you like a Hurricane de Scorpions dans la BO (les droits ont dû être durs à négocier pour la mettre dans le film... ^^), car elle est bien amenée.
Toutes les nuits, le personnage principal joué par Austin Butler fait le même rêve et le spectateur entend la même musique dans la radio du conducteur (donc Rock you Like a Hurricane) et il se réveille affolé et en sueurs. On est donc face à un cas de stress post-traumatique. Je repense à ce reportage vu à la télévision sur des patients qui tentent une expérience scientifique filmée sur le sommeil et leurs cauchemars. leurs comportements sont analysés à la loupe par des médecins. L'image d'un patient racontant qu'il fait tout le temps le même rêve suite à un massacre dont il a été témoin par le passé pendant une guerre, et qui dort, et se réveille brusquement en hurlant m'a interpellé. C'était à glacer le sang. A glacer le sang.
C'est un film à part car il est radical et déjanté, c'est une adaptation d'un roman de Charlie Huston qui est également crédité comme scénariste. C'est un très bon changement de style pour Darren Aronofsky. .Je l'ai revu et réévalué. C'est un film que j'avais vu au cinéma et certaines choses m'échappaient. C'est pourquoi, je voulais lui donner une deuxième chance et j'ai bien fait de le revoir en DVD, car j'ai mieux compris certes, mais j'ai su faire face à cet ouragan dévastateur avec un grand plaisir ! :-)