Aronofsky n'a manifestement pas le sens de l'humour. Ni celui de la mesure. Autant dire que si Pris au piège est considéré comme une comédie, ce n'est pas une comédie de tartes à la crème, mais plutôt de tartes dans la gueule. On peut trouver ça drôle. En fait, par moments, ça l'est. C'est surtout hyper violent. Vous voilà prévenus.
Hank est un ancien espoir du baseball, dont la carrière a été stoppée par un accident de voiture trash, dont il est pleinement responsable. Alors il s'est enfuit à New York, où personne ne le connaît, pour refaire sa vie. Boire de l'alcool pour oublier, c'est ça le plan, principalement. Mais quand les ennuis commencent à pleuvoir, il va peut-être falloir faire face.
Peut-être, parce que pour Hank, c'est pas gagné. Coincé entre des mafieux russes et d'inquiétants juifs acides (oui je sais, on dit hassids, ils aiment peut-être Dieu, mais contrairement au christ, ils n'aiment pas les voleurs, après tout ils ne sont pas chrétiens, or il se trouve qu'ils ont été volés), il ne sera que peu aidé par une étrange policière. Autant de personnages hors-normes.
Et donc, les ennuis qui commencent à pleuvoir. On est chez Aronofsky, ici. Les ennuis, c'est pas du gentillet, avec de la menace et de la pression qui monte. Non, ici, on fait dans le bulldozer. Hank va prendre cher, avant même de comprendre ce qui lui arrive. C'est très très violent, on l'a déjà dit. Dans l'idée, on est comme dans un remake de After Hours réalisé par Takashi Miike. Ou comme un Guy Ritchie, l'efficacité en plus.
Mais c'est une comédie. Il paraît. Déjà parce qu'il y a un chat, alors c'est forcément un peu mignon, aussi. Même si le chat est une sale bête qui mord tout ce qui passe à sa portée.
Avec le générique dans le métro, on est prévenu : on va se trouver dans l'underground. Le New York des bars miteux dans les ruelles sombres, avec les poubelles ras-la gueule qui débordent sur le trottoir. New York version gotham city. Avec ses super-vilains. Et un Batte-man cassé et pas vraiment milliardaire. Un film de héros pas super. Il va lui falloir apprendre. Vite.
Mais nous, les spectateurs, dans la salle, ça va. On s'amuse, en fait. Finalement, Aronofsky a peut-être le sens de l'humour.