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Prisoners, sorti en 2013, est typiquement le genre de film que je regrette d’avoir découvert aussi tard. Je viens de le voir et, franchement, je suis sur le cul. Comment ai-je pu passer à côté d’un film comme celui-là ?
On est face à un film d’enquête qui vaut vraiment le détour. L’histoire est dingue, la réalisation est maîtrisée et surtout, le film réussit à maintenir une tension quasiment permanente. Jusqu’à la fin, je n’ai rien vu venir. Les arrestations, les gardes à vue, les enlèvements, la torture, les tensions, les remises en question et les retournements de situation s’enchaînent sans jamais donner l’impression de perdre le fil.
Et puis il y a le casting.
Hugh Jackman est impressionnant dans le rôle de Keller Dover, un père dont la petite fille vient d’être enlevée. On le voit progressivement sombrer dans la fatigue, la haine, la colère et l’incompréhension et jamais la remise en question envers Dieu. Tout se lit sur son visage. Il donne l’impression de vivre réellement ce qu’il traverse. C’est un père profondément touché, mais qui reste un père jusqu’au bout, prêt à tout, vraiment TOUT pour retrouver sa fille.
Jake Gyllenhaal, lui, incarne le policier chargé de l’enquête. Encore une fois, ce rôle de flic lui va incroyablement bien. Mais son personnage est loin d’être simplement le policier qui suit les procédures. Il est confronté à un père qui refuse d’attendre et qui va parfois beaucoup trop loin. On suit alors deux chemins parallèles : celui d’un père guidé par son instinct et celui d’un policier guidé par son enquête. Deux hommes qui cherchent la même chose, mais qui ne peuvent pas forcément emprunter les mêmes méthodes.
C’est aussi ce qui rend le film aussi prenant : on avance constamment entre leurs deux pistes. On pense comprendre quelque chose, puis un nouvel élément vient tout remettre en question. Et à la fin, tous les chemins finissent par mener au même endroit.
Certaines scènes sont particulièrement fortes émotionnellement. L’atmosphère peut devenir extrêmement pesante en quelques secondes. Il y a quelque chose de très réaliste dans la manière dont les personnages réagissent, comme si par moment il y avait une part d’improvisation. Cette part d’imprévisibilité renforce énormément l’immersion.
Et c’est probablement ce que j’ai le plus apprécié dans Prisoners : le film nous pousse à nous mettre à la place des personnages. On peut facilement se dire : « Moi, j’aurais fait ça », « moi, j’aurais réagi comme ça ». Mais lorsqu’une situation aussi extrême nous tombe dessus, personne ne sait réellement comment il réagirait.
Le film montre aussi à quel point les apparences peuvent être trompeuses. Les personnes qui semblent sympathiques peuvent cacher des choses terribles. À l’inverse, quelqu’un de bizarre, marginal ou simplement différent peut paraître immédiatement suspect alors qu’il n’est peut-être qu’au mauvais endroit, au mauvais moment.
Pour moi, la morale de Prisoners, c’est finalement de ne jamais être trop sûr de soi, ni des autres. Le monde est imprévisible, les gens peuvent être capables du meilleur comme du pire, et lorsqu’un drame arrive, chacun réagit comme il peut.
On peut être le plus grand, le plus fort, le plus intelligent… rien ne garantit que l’on contrôlera la situation ou la vie de ses propres enfants.
Et parfois, la réponse est beaucoup plus proche qu’on ne le pense. On peut même être en train de toucher au but sans s’en rendre compte.
Une énorme claque. Un thriller sombre, tendu et imprévisible, porté par deux performances magistrales. Je comprends maintenant pourquoi on m’en parlait autant.
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