Sur le papier, ce projet avait tout pour plaire. Déjà, c'est une adaptation du bouquin d'Andy Weir, plus que plebiscité par la critique. Mais surtout, c’est une adaptation orchestrée par Phil Lord et Chris Miller. Bien loin d’être un simple duo de réalisateurs, Phil Lord et Chris Miller ont notamment produits et écrits des petits films, comme la nouvelle trilogie Spider-Verse chez Sony, ou encore La Grande Aventure Lego en 2014. Bref, on se retrouvait avec un cocktail parfait, à savoir un excellent matériau de base, allié à une excellente vision artistique. Et si je le précise, c'est parce qu'à Hollywood, on n'a pas spécialement l'habitude de confier des projets aussi chers à de vrais auteurs.
Ainsi, même si le résultat est clairement imparfait, force est de constater qu'il offre tout ce que l'on attend d'un blockbuster de cette envergure.
Pour évacuer tout de suite ce qui m'a dérangé dans l'œuvre, j’ai trouvé le premier tiers assez bancal. Le récit met du temps à se lancer, et il y a des allers-retours entre passé et présent qui sont assez lourds en termes de montage et de narration. Par ailleurs, la photo dans la temporalité passé est terriblement plate, et côté présent, le vertige du vide spatial ne se fait pas vraiment ressentir (d’autant plus quand on le compare à un certain Gravity de Cuarón...). Enfin, chose étonnante chez le duo Phil Lord et Chris Miller, le dosage de l'humour est un peu foireux. Oui, Ryan Gosling est toujours aussi doué dans le registre de la comédie. Mais le caractère gaffeur et grotesque de son personnage revient beaucoup trop, ce qui désamorce instantanément la plupart des vannes.
Néanmoins, au bout d'une heure, arrive un certain élément dans l'intrigue (que je ne dévoilerai pas). Et là, le film prend indiscutablement une tout autre ampleur. En un claquement de doigts, tous les ingrédients qu'on a insérés (certes maladroitement) fonctionnent désormais parfaitement.
En résulte un projet vraiment atypique, généreux, qui tente des choses. Déjà par son approche scénaristique très candide, dans la beauté des échanges et de l'amitié universelle (à l’image de ses choix musicaux, qui sont à la fois en décalage, et en même temps assez touchants). De plus, l'œuvre ne se cache pas de ses influences évidentes (il y a un nombre incalculable de plans calqués sur 2001), mais elle parvient à s'en affranchir, et à forger sa propre identité.
Et ce que j'aime le plus, c'est que c'est un film à l'image de son héros, à savoir brillant mais toujours humble. La mise en scène est soignée, il y a des plans à tomber par terre, ça va au bout de ses idées, et pourtant, je n'ai jamais l'impression que le film me le hurle au visage. Sans même parler du niveau de finition chirurgical des effets spéciaux, rarement vu dans un blockbuster hollywoodien. C'est fou, comme quoi quand on met des vrais artistes derrière, et qu'on leur laisse le temps de bosser... incroyable.
Bref, je pourrais m'étaler longtemps sur tout ce qui fait de Projet Dernière Chanceune sortie immanquable de 2026. Hollywood a (enfin) décidé de redonner au cinéma de divertissement grand public ses lettres de noblesse, et il n'y a plus qu'à espérer que le public soit au rendez-vous pour l'encourager à poursuivre dans cette direction...
8,5/10
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