Quelques idées intéressantes dans ce film qui autrement peine à nous faire ressentir autre chose que de la frustration devant la mauvaise volonté trop exagérée des personnages à survivre.
Donner une origine artificielle et extra-terrestre à l'humanité qui découvre alors les vestiges de ses créateurs permet une réflexion originale sur la foi (en Dieu, en la science...) Son traitement se limite malheureusement à quelques lignes de dialogues bien senties entre l'androïde David - interprété par Michael Fassbender, un des rares membres du casting à offrir une prestation convaincante - et Holloway d'une part et des scènes très forcées autour de la foi sans faille de Shaw d'autre part.
Plastiquement le film s'en sort parfois très bien, on retiendra par exemple les longs couloirs blancs matelassés du vaisseau, d'une propreté clinique et leur contraste avec le labyrinthe sombre et minéral qu'explorent les protagonistes. On notera aussi le design des xénomorphes qui cette fois ci va chercher du coté des invertébrés: tantôt serpent, tantôt créature tentaculaire.
Enfin, la scène d'extraction du parasite offre à la fois la seule scène un peu convaincante en termes d'angoisse des deux heures de Prometheus et amorce une réflexion sur la place laissée aux femmes dans cette expédition spatiale et a fortiori dans le monde lorsque Shaw découvre que la machine chirurgicale qu'elle veut utiliser est conçue pour un corps d'homme et donc incapable de pratiquer une césarienne, réflexion qui n'ira malheureusement pas tellement plus loin que cette réalisation.
D'un autre côté, la nature romantique de la relation entre Shaw et Holloway semble forcée, tout comme les références à son père et le parallèle douteux tracé entre les deux. On a bien du mal à s'attacher à n'importe lequel des personnages et les tentatives de créer des duos identifiables et comiques - le géologue et le botaniste, les techniciens du vaisseau qui parient sur le but de l'expédition - sont trop lourdes pour être efficaces.
En bref, Prometheus abandonne trop vite ses pistes dignes d'intérêt qui finissent par se fondre dans la masse d'éléments poussifs et banals dont il regorge, sans pour autant en manquer.