Venant après le sublime Sous les figues, Promis le ciel marque un assez net changement dans la manière de filmer d'Erige Sehiri, même s'il s'agit toujours de parler de la Tunisie d'aujourd'hui et des femmes qui y vivent. Les trois héroïnes de Promis le ciel, que la réalisatrice suit ensemble et séparément, vivent à Tunis, mais viennent de l'Afrique subsaharienne et il est évident que celles-ci souffrent d'un flagrant racisme à leur encontre, eu égard à leurs difficultés à s'intégrer et à s'en sortir financièrement. Contrairement à son projet précédent, la mise en scène de la cinéaste, pour coller à son sujet, se fait incisive, dans une veine réaliste et presque documentaire. Le portrait de ces trois femmes moins puissantes, malgré leur fort caractère, perd cependant de son intensité dans un scénario trop éclaté, pas loin d'être brouillon, qui ne réussit pas à donner une véritable épaisseur à chacune de ses protagonistes, précarisées, voire menacées. Ce n'est pourtant pas la qualité de l'interprétation qui est à blâmer, bien au contraire, avec une actrice de la trempe d'Aïssa Maïga et des révélations Laetitia Ky et Deborat Christelle Naney. On aurait juste aimé, notamment pour la première, que leurs rôles soient plus développés et suscitent ainsi davantage d'émotion, à la façon du sublime (désolé pour la répétition) Sous les figues.