Les meilleures intentions ne font pas toujours les meilleurs films. Et le cas échéant c’est exactement notre ressenti à la vision du pourtant prometteur « Promis le ciel ». En effet, le sujet avait beaucoup de potentiel et aurait pu accoucher d’une œuvre forte, passionnante et d’utilité publique. On saura gré à la réalisatrice Erige Sehiri de vouloir mettre en lumière une situation très méconnue et étonnante. Il s’agit du racisme et de la persécution que subissent les migrants subsahariens de confession chrétienne au Maghreb, ici à Tunis plus particulièrement. Tout le monde n’est pas au courant que coexistent chrétiens et musulmans dans certaines villes de ces trois pays et que la cohabitation n’est pas de tout repos pour les personnes de couleur. Un racisme visiblement intense qu’on a plutôt l’habitude d’entendre de la part de Maghrébins en Europe.
Cette inversement discriminatoire est non seulement curieux et demande à être connu mais il préparait le terreau pour une œuvre sociale forte. Cependant, les espoirs ne seront que très peu comblés pour le spectateur tant « Promis le ciel » n’est pas vraiment abouti et pertinent. On ne pourra rien reprocher aux trois actrices notamment le devenue trop rare Aïssa Maïga même si c’est Deborah Christelle Lobey Naney qui porte la partition la plus vibrante. Avec « Promis le ciel », la réalisatrice nous délivre également quelques jolis plans de la capitale tunisienne, dont certains au coucher de soleil, de toute beauté. Et puis la bande sonore qui accompagne le film est d’une qualité auditive indéniable. Cela ne suffit pas pour rendre ce long-métrage vraiment important ou convaincant.
Ce récit choral semble forcé. Les trois personnages principaux n’ont en commun que leur logement et finalement leurs trajectoires respectives ne se répondent pas assez donnant l’impression de trois courts-métrages collés bout à bout ensemble. Leurs quêtes respectives sont, en outre, très déséquilibrées avec bien plus d’attention sur celui de Naney tandis que celui de Laetitia Ky semble mis de côté, donc presque inutile. Certaines séquences apparaissent sans intérêt voire répétitives (payer le loyer, trouver des combines pour survivre, ...) et « Promis le ciel » devient redondant plus il progresse. Et notre intérêt devient de moins en moins concentré sur les pérégrinations finalement peu captivantes de ces trois femmes. Et puis, finalement, on n’en apprend pas beaucoup plus sur les raisons de cette chasse perpétuelle aux migrants dans un pays qui en est également le vivier, ni sur le sort véritable des chrétiens au Maghreb. Voilà donc des tranches de vies un peu frustrantes et désordonnées qui ne captivent jamais vraiment.
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