Indecent proposal est le 6è long métrage d'Adrian Lyne. Il sort en 1993 et suit de trois années son grand succès L'échelle de Jacob.
Diana (Demi Moore) et David (Woody Harelson) ont les mêmes initiales. Ils se sont rencontrés au lycée, où ils ressemblaient exactement à aujourd'hui : des trentenaires épanouis. Car il faut le savoir, le lycée aux États-Unis c'est jusqu'à 30 ans, c'est pourquoi les étudiants de l'université ont généralement entre 30 et 40 ans. Mais peu importante, ils s'aiment. Lui est architecte, et elle agent immobilier. Autant dire qu'ils gagnent bien leur vie. Jusqu'à ce que la crise frappe le pays de l'oncle Sam. Plus rien ne se vend, donc elle n'a plus de travail, et lui ... non plus ! Ils sont ruinés !
Là, lui, a une idée de génie : et si on allait à Las Vegas essayer de récupérer de quoi acheter une maison ? Super idée dit la fille qui acquiesce à tout ce qu'il dit tellement elle est amoureuse. Il faut dire qu'après des années de mariage, ils font encore du sexe en gardant leurs sous-vêtements.
C'est au casino qu'ils rencontrent John Gage, milliardaire bcbg (Robert Redford). Celui-ci a le coup de foudre pour Diana à qui il offre d'abord une robe, qu'elle refuse, puis elle l'aide à gagner de l'argent au casino alors qu'il mise 1 million. C'est en fêtant le butin remporté qu'il fait la proposition au couple : l'homme (David) serait-il prêt à prêter sa femme au milliardaire pour une nuit pour 1 million de dollars ? Bien évidemment, ils ne sont pas comme ça, et ils refusent. Mais la nuit, ils tournicotent dans leur lit, et la femme finit par dire à son mari qu'ils doivent le faire. Elle se frottera ainsi aux rides, au cul plat et aux mèches du vieux-beau et lui a ses seins siliconés.
Le film fleure bon les années 90. Robert Redford est utilisé à contre-emploi dans le rôle d'un milliardaire lubrique qui aurait du normalement échoir à Michael Douglas (était-il pris ?). Ici il murmure à l'oreille des femmes "dollars, dollars" et elles acceptent. Parlons-en du Douglas. Basic Instinct venait de sortir l'année précédente, et il remporta un tel succès qu'il ouvrit la voie aux thrillers sexuels, genre duquel Douglas fit sa marque de fabrique, et dans lequel Redford s'engouffre ici. Quant à Demi Moore, malgré son air innocent, elle a déjà presque une carrière de dix ans dans le cinéma derrière elle, et devant elle, deux implants mammaires qui confèrent à sa silhouette longiligne ce qu'il faut pour faire frétiller du slip les bellâtres bien fournis du porte-monnaie. Elle vient de tourner Des hommes d'honneur, qui remportera un certain succès et après Proposition indécent, elle enchainera dans le même genre avec Harcèlement, cette fois aux côtés de Michael Douglas, le vrai. Si la première partie du film est sympathique à regarder pour tous les nostalgiques des années 90 dont je suis, le scénario est cousu de fil blanc ce qui fait qu'on finit par s'ennuyer à moins de la moitié ce qui n'est jamais bon signe. On terminera de regarder péniblement Woody Harelson jouer à la baballe avec son chien avant de voir les deux se remettre ensemble là où tout avait commencé, et nous on se dira, putain, merde.