Avec sa volonté de faire du vrai plutôt que du beau, Alice Winocour est bouleversante à chaque fois qu'elle capte l'intimité des sentiments. Et ce sont ces sentiments qui prennent toute la place dans l’espace.
La double intention de Proxima est noble : remettre les femmes astronautes dans l’Histoire, comme dans chaque domaine où elles ont été oubliées et dresser le portrait d’une femme forte, mais surtout d’une mère. Sans en faire un documentaire sur le métier d’astronaute, le travail de véracité de la réalisatrice importe énormément pour saisir la pénibilité et les sacrifices que comportent ce choix rendant alors la relation de Sarah et sa fille d’autant plus touchante que l’on ressent l’amour à chaque regard, et chaque mot non prononcé. Comme si chaque respiration ou chaque contrôle de celle-ci était une bouffée d’air récupérée auprès de sa fille, comme si chaque souffrance endurée était une dose d’amour supplémentaire quand elle aurait sa fille dans ses bras. Tenir le choc. Combattre. Résister. Promettre. Ce qui inonde Proxima c’est la beauté du geste vrai, de la quête réaliste qui fait parfois défaut au film comme aux comédiens, mais qui jamais ne fait perdre au public l’objectif : ressentir. Et pendant deux heures de film, c’est ce qu’il se passe, malgré les défauts, malgré les longueurs (probablement nécessaire pour rendre hommage à l’éprouvante préparation qu’ils subissent), le spectateur est embarqué dans une histoire, qui si elle ne lui rappelle pas son histoire personnelle, aura au moins le mérite de lui en faire vivre une autre. Et qu’elle est belle cette histoire.
Une promesse est une promesse.