Gus van Sant n'a visiblement aucune imagination, ou alors il est très paresseux, car quand on fait un remake, en général c'est pour donner une version un peu différente en tenant compte de l'époque dans laquelle on le fait afin d' apporter du modernisme ou des éléments nouveaux. Mais là rien, il n'y a rien de neuf, à part la couleur, cette relecture moderne du chef d'oeuvre d'Hitchcock recopie quasiment scène par scène et plan par plan son illustre modèle, sans imagination, sans innovation, sans l'efficacité technique dont le Maître avait le secret et sans effet de surprise... tout juste y'a-t-il un rajout avec une scène très maladroite de masturbation, chose qu'on ne pouvait évidemment pas montrer en 1960, elle n'était que suggérée.
Le scénario de Joseph Stefano a donc été réutilisé sans rien changer, de même qu'on a réemployé sans vergogne la musique de Bernard Hermann qui avait si bien servi le Psychose de 1960. C'est vraiment la honte, et ce remake est totalement honteux. Déjà avec Psychose 2 en 1983 où Perkins reprenait son personnage 25 ans après, on se formalisa parce que ce film avait osé toucher au chef-d'oeuvre de Maître Hitchcock, et puis pour moi c'était bien passé parce que ce film rendait plus un hommage en reprenant l'intrigue là où elle s'était arrêtée. Mais là non, je ne peux cautionner ce type de projet parce que c'est un stupide copié-collé qui n'innove en rien.
Ceci dit, les acteurs sont plutôt bons, ils font leur job, encore que le choix de Vince Vaughn n'est peut-être pas très approprié, en dépit de son talent, il donne une vision de Norman Bates bien différente d'Anthony Perkins, mais on n'y croit pas ; le seul qui tire son épingle du jeu, c'est l'excellent William H. Macy dans le rôle du détective Arbogast. C'est quand même dommage de voir de bons acteurs comme Vaughn, Macy, Julianne Moore, Viggo Mortensen ou Philip Baker Hall perdre leur temps dans un si mauvais film.
C'est donc un film qui ne sert strictement à rien, totalement inutile, sinon pour permettre aux nouvelles générations qui n'ont pas vu le chef d'oeuvre d'Hitchccok, de frissonner légèrement, mais j'ose espérer que ce public aura l'occasion et surtout l'envie de voir le Psychose originel, le seul et unique, sinon ce serait bien triste d'en rester là avec ce résidu cinématographique (je reste poli)...

Créée

le 29 nov. 2020

Critique lue 793 fois

Ugly

Écrit par

Critique lue 793 fois

26
18

D'autres avis sur Psycho

Psycho

Psycho

10

FrankyFockers

le 24 avr. 2012

Suivre

Critique de Psycho par FrankyFockers

Gus Van Sant est l'un des rares cas de cinéastes à avoir réussi son transfert à Hollywood, qui généralement broie les personnalités comme les cinéastes, pour au contraire s'affirmer comme un...

Psycho

Psycho

1

Ugly

le 29 nov. 2020

Suivre

Remake honteux

Gus van Sant n'a visiblement aucune imagination, ou alors il est très paresseux, car quand on fait un remake, en général c'est pour donner une version un peu différente en tenant compte de l'époque...

Psycho

Psycho

4

Anthony_S

le 24 juil. 2018

Suivre

Critique de Psycho par Anthony_S

Pour moi aucun film n'est inutile. Même le navet ultime, car on apprend en regardant les mauvais films. Ensuite, j'ai souvent défendu des remakes, comme celui de Total Recall qui avait le mérite de...

Du même critique

Il était une fois dans l'Ouest

Il était une fois dans l'Ouest

10

Ugly

le 6 avr. 2018

Suivre

Le western opéra

Les premiers westerns de Sergio Leone furent accueillis avec dédain par la critique, qualifiés de "spaghetti" par les Américains, et le pire c'est qu'ils se révélèrent des triomphes commerciaux...

Le Bon, la Brute et le Truand

Le Bon, la Brute et le Truand

10

Ugly

le 10 juin 2016

Suivre

"Quand on tire, on raconte pas sa vie"

Grand fan de westerns, j'aime autant le western US et le western spaghetti de Sergio Leone surtout, et celui-ci me tient particulièrement à coeur. Dernier opus de la trilogie des "dollars", c'est...

Gladiator

Gladiator

9

Ugly

le 5 déc. 2016

Suivre

"Mon nom est gladiateur"

On croyait le péplum enterré et désuet, voici l'éblouissante preuve du contraire avec un Ridley Scott inspiré qui renouvelle un genre ayant eu de beaux jours à Hollywood dans le passé. Il utilise les...