Il est paradoxal qu’un film ayant pour titre The Legacy, que déforme à outrance une traduction française opportuniste et inflationniste, n’ait laissé dans l’histoire du cinéma de genre aucun héritage, aucune trace de son existence sinon par la survivance du nom de son réalisateur, Richard Marquant, dans la saga Star Wars – puisqu’il avait réalisé Return of the Jedi (1983) sous le patronage évident de George Lucas et Lawrence Kasdan. On y suit les péripéties d’un couple confronté à un milieu social qui n’est pas le sien dans une propriété qui n’est pas la sienne, invité suite à une sortie de route ; le dérèglement du quotidien et la mise en place de rituels intriguent d’abord par l’ancrage réaliste apporté aux pratiques occultes, dans la mesure où les manifestations surnaturelles demeurent de l’ordre de l’accident, comprenons des choses qui arrivent. Leur généralisation manque ensuite de rythme et se révèle répétitive, à l’instar de la fuite hors de la propriété qui ramène pourtant la voiture encore et encore à son lieu de départ. Aucun trouble véritable n’ébranle Maggie et, par extension, le spectateur quand elle découvre le portrait et une possible vérité sur sa naissance. La musique pompière écrase les scènes sous des ambiances incompatibles, détruit en partie le mystère déjà périlleusement instillé par la mise en scène. Un long métrage médiocre.