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[Série : SanFelice révise ses classiques, volume 2 : http://www.senscritique.com/liste/San_Felice_revise_ses_classiques/504379]

J'ai eu envie de revoir Pulp Fiction pour deux raisons.
D'abord parce que j'ai élaboré depuis peu le projet de revoir des classiques que je n'ai pas vus depuis longtemps (par longtemps, j'entends "au minimum onze ans"; pourquoi onze ans, et pas douze ou quinze ? Parce que onze ans, c'est une date facile à retenir pour moi, c'est à ce moment que je suis devenu prof). Alors, après Raging Bull et avant, dans le désordre, Orange Mécanique, Rocky, Brazil ou Platoon, Pulp avait totalement sa place ici.
Ensuite, lorsque les administrateurs du site ont lancé leur sondage sur les meilleures palmes d'or, j'ai quand même été surpris du nombre de mes éclaireurs qui plaçaient Pulp en tête de liste.
Et, à vrai dire, je le comprends un peu mieux maintenant. On reproche régulièrement aux films du Festival de Cannes d'être trop longs, trop bavards et chiants. Finalement, Pulp Fiction correspond bien à cette définition.

Alors, le revoir m'a permis de mieux mesurer ce que j'apprécie et ce que je n'apprécie pas dans ce film. Le côté foutraque-je-fais-n'importe-quoi, ça aurait plutôt tendance à me plaire, a priori. Sauf que là, Tarantino prend son truc trop au sérieux. Et c'est là un trop grand paradoxe, qu'il n'arrive pas à gérer : le foutraque organisé, le n'importe quoi érigé en dogme. Une sorte de marque de fabrique devenue passage obligé, et qui perd donc tout caractère subversif, et même toute vitalité. En gros, c'est drôle au début, puis, quand ça devient trop systématique, c'est vraiment lourd, voire indigeste.
En fait, Pulp Fiction, c'est un peu comme un bonbon au miel. Au début, c'est super agréable, c'est doux, c'est coloré, ça fait du bien. Puis, ça devient banal et on n'y prête plus attention. Puis, enfin, c'est l'indigestion, l’écœurement qui nous guette.

Reprenons.
Le pré-générique et la scène suivante (celle où nous faisons la rencontre de Vincent et Julius) sont vraiment réjouissantes. Les dialogues sur Amsterdam et le Royal Cheese sont fendards, et l'équilibre entre dialogues et actions est bien entretenu.
C'est cet équilibre qui va voler en éclats. L'épisode Vincent-Mia est beaucoup trop bavard, mais il y a quand même de bonnes choses (l'overdose).
Par contre, l'épisode de Butch est carrément en trop. Il ralentit encore le film, il n'apporte rien à l'histoire et il est ennuyeux à mourir.
Heureusement, le niveau remonte avec la séquence finale, où l'on retrouve Vincent et Julius, ce qui permet de finir sur une note positive.
Les tics de Tarantino sont déjà là : nous assommer de belles images, de musiques sympas, de décors retro et de deux ou trois hectolitres de sang pour nous faire oublier la vacuité de l'ensemble.
Car, concrètement, il n'y a pas grand chose, dans ce film. Seulement, ce "pas grand-chose", je suis prêt à lui pardonner, à condition de m'amuser, me divertir. Et c'est cet aspect là qui pèche.
Car si Pulp Fiction se veut un film de divertissement, pourquoi adopter le rythme d'un Bergman ? Ou, s'il adopte un rythme lent, autant avoir, alors, du contenu à proposer. Ne prenant aucun des deux partis, le film navigue dans un entre deux qui ne parvient pas à me satisfaire.
Une heure de moins, et ç'aurait été bien plus à mon goût.

Après, j'aime bien la façon qu'a Tarantino de se façonner une mythologie, à base de tueurs qui ont la classe, de katana, de Chuck Berry, de références aux années 50, etc. ça crée un cadre, un décor bien sympa pour le film. Il faudrait juste faire attention à ne pas faire un film uniquement pour ce cadre.

[j'ai quand même mis +1, pour le duo Julius-Vincent]
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