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Pulp Fiction et moi, c'est une histoire très compliquée.

Il aura fallu que je m'y reprenne à trois fois pour en voir le bout. La première fois, j'avais quinze ans. J'avais fait l'impasse au cinéma et il fallait, en ces temps anciens et reculés, attendre un an avant d'avoir une sortie dans le commerce, le film uniquement, sans bonus ni commentaires audios. Cela ne nous rajeunit pas. Tout ça pour dire que, pendant un an, tout mon entourage m'en a parlé comme du film du siècle. Rien que ça. Un pote m'avait passé sa VHS, pour que j'en fasse une copie pirate sur mon magnétoscope double cassette. J'avais tenté, après avoir bien synchronisé mon pouce gauche et mon index droit pour lancer la recopie, de le regarder pendant l'acte de piraterie (y'a prescription). J'avais piteusement décroché après la scène où ils réveillent Uma Thurman à coup d'adrénaline. J'ai eu la bêtise de parler de mon haut fait d'armes, ce qui me valut d'être traité comme un paria pendant la fin de l'année scolaire (Whoa, le naze, il n'aime pas Pulp Fiction ! Oh le lourd ! Retourne au néant !).

La deuxième fois, j'avais vingt cinq ans. J'ai abandonné l'idée de le voir en entier juste après la scène du viol. Mais je pris comme une victoire le fait d'être allé plus loin dans le film. Pas plus accroché que la première fois. J'ai longtemps cru souffrir d'une maladie grave et rare : la Pulpite, à même de nourrir les thèses hésitantes de tous les internes en médecine de France, ainsi que les pages du Vidal dédiées aux maladies orphelines. Au point de mater le Téléthon pour voir si la recherche avançait et avait trouvé un remède pour me soulager. C'est que la Pulpite gagnait du terrain (Non, je n'ai pas de rhume...).

La troisième fois fut la bonne. A trente cinq ans. Merci France 4 et sa programmation pour préparer le terrain au festival de Cannes. Je suis enfin allé jusqu'au bout (ouf !) mais mon avis sur le film n'en est pas changé pour autant. Alors que, pris séparément, et de manière étrange, tous les ingrédients me plaisent, sans aucun doute : Attitude cool des protagonistes, séquences over the top, chansons cultes, dialogues incongrus... Tout ce qui fait pour moi l'intérêt d'un bon Quentin Tarantino.

Mais l'odyssée sanglante a beau être cocasse, les personnages de John Travolta et Sam L. Jackson impayables, le décor dans lequel ils évoluent formidable, la mythologie construite intéressante, je me suis surpris à m'ennuyer et à bâiller. Et pas qu'un peu. La faute sans doute à la structure du scénario qui est d'un lâche et d'un distendu à pouvoir faire passer un chameau sans qu'il ne touche les bords. La faute à trois histoires qui ne s'entremêlent que très rarement (c'est qu'on m'avait promis un film puzzle...) et qui, finalement, ne racontent pas grand chose. Jusqu'à faire passer les scènes, aussi cool et fun soient-elles, pour une succession, une juxtaposition de sketchs sans réel but, l'incongruité des situations et les dialogues over the top cachant quant à eux justement le fait qu'il ne se passe pas grand chose.

Manque de rythme, cruelles longueurs et inconsistance de l'intrigue qui ne relie que très tardivement ses trois histoires, tout cela à contribué à me laisser sur la touche et à rater une fois de plus le train d'un succès populaire et critique qui restera pour moi, je le crains malheureusement, un des nombreux mystères que la science recèle encore.

Pour la faire avancer, aidez-moi à vaincre ma maladie et donnez quelques euros à l'AFM Téléthon les 4 et 5 décembre prochains. Si je pouvais rencontrer Sophie Davant et voir son cou de dindon de près, cela suffirait à mon bonheur. Familles et chercheurs : ils comptent sur vous.

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