En 1970, le conflit au Vietnam s’aggrave et pour faire face à la vague de protestation d’une partie de la jeunesse américaine, le président Nixon décrète l’état d’urgence…
Le cinéaste britannique Peter Watkins (La Bombe - 1966) met en scène ici un brûlot cinématographique qui égratigne l’image des USA à travers cette uchronie qui nous montre de façon très pertinente qu’elles seraient les conséquences si une telle déclaration d’état d’urgence devait voir le jour (à savoir, la mise en application du "McCarran Act" (mise en place au début du maccarthysme), une loi liberticide qui consiste à arrêter toute personne susceptible de mettre en péril la sécurité du pays).
Bien évidemment, tout ceci n’est qu’une uchronie et n’a rien de réelle, mais c’est bien là toute la force du film, parvenir à mettre en scène une oeuvre de fiction qui oscille fébrilement avec le documentaire (filmé sous deux angles bien différent, la caméra du réalisateur et celles et des équipes de télévision. Puis, le film a été tourné à l’époque du conflit qui opposait les USA et le Vietnam et les militants jouaient leurs propres rôles, à savoir objecteurs de conscience, militants des droits civiques, féministes, communistes ou encore anarchistes).
Punishment Park (1971) nous fait vivre de l’intérieur la violence des dérives d’un état totalitaire condamnant de jeunes dissidents qui se lèvent vent debout contre une dictature qui vient souiller leur liberté de conscience et leur soif de démocratie. C’est osé, brillant et intelligent.
(critique rédigée en 2009, actualisée en 2025)
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