Un vieux maitre chinois de Tai Chi, 70 ans, a suivi son fils à New York, celui-ci ayant fondé une famille, et cet homme a du mal à se faire à la vie américaine. En plus d'avoir des relations compliquées avec sa belle-fille, laquelle reste à domicile afin d'écrire un roman qu'elle a du mal à terminer. Il va va donner des cours de Tai Chi afin de rencontrer d'autres expatriés.
Il est amusant de se dire que dès son premier film, aux accents personnels, Ang Lee avait déjà le regard tourné vers l'Amérique, à l'aide d'une belle histoire qui se base sur le déracinement d'un vieil homme, joué avec une grande dignité par Sihung Lung. D'ailleurs, son fils, que joue Wáng Bó-Zhāo, ressemble un peu à Ang Lee, dans le but sans doute de renforcer l'aspect biographique.
Bien que ça soit un chouia trop long, et que les acteurs occidentaux ne soient pas très justes, la mère jouée par Deb Snyder, il y a quelque chose de touchant à raconter ce côté diptyque avec cet homme qui a l'air complètement déphasé quand il voit la vie occidentale, mais qu'il va enfin s'ouvrir de nouveau à la vie, non seulement en rencontrant d'autres expatriés, mais également une femme, également veuve, qui le rend à nouveau vivant, dans une sorte de flirt qui n'est jamais dit, où me personnage semble redevenir un enfant, malgré son air taiseux.
Dans l'esprit, Pushing Hands (qui vient des cours de Tai Chi prodigués par cet homme) pourrait être un remake caché d'un film de Ozu, sauf que là, c'est le changement dans un autre pays et non une campagne lointaine, mais Ang Lee a signé un premier long tout à fait honorable, très différent de ce qu'il fera par la suite, mais qui parle le plus de lui-même.