Qu'il est étrange de s'appeler Federico par Cinemaniaque
J'aime beaucoup Ettore Scola, et j'aime énormément Fellini. De savoir qu'ils ont longtemps été amis ne me surprend pas, tant on retrouve dans leurs oeuvres respectives des influences de l'autre. Près de dix ans après sa retraite, Ettore Scola revient derrière la caméra pour saluer une dernière fois son ami disparu il y a tout juste vingt ans. Belle démarche.
Sauf que celle-ci est faussée : manque flagrant d'argent, pointe d'égocentrisme mal venue, reconstitution peu subtile, il n'y a guère d'éléments scoliens dans ce film pas plus que d'originalité fellinienne. Scola évite l'hagiographie, certes, mais de peu, et il aurait été tellement plus agréables d'entendre Scola parler de Fellini de manière intime et professionnelle, parler de cinéma, de caricatures, de scénarios, de l'Italie, du Marc Aurelio, bref de plein de choses plutôt que d'offrir des petits sketchs pesants, vieillots, et pour tout dire peu amusants et instructifs.
Je suis intimement persuadé qu'un surdoué comme Scola a beaucoup de choses à nous apprendre sur ce génie de Fellini, mais ce ne sera pas pour cette fois. La frustration est d'autant plus grande que ce ne sera jamais, sans doute, réalisé. Comme si, finalement, le mystère devait continuer à planer sur ces deux cinéastes de l'âge d'or du cinéma italien.