Bien que sorti en 1966 au Japon, et même une année plus tard en Belgique, la France a du attendre 2007 pour découvrir Quand l'embryon part braconner de Kōji Wakamatsu, où l'on suit un homme qui, guidé par ses pulsions sadiques, tourmente sa partenaire d'un soir.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que le film de Wakamatsu est très loin de laisser indifférent. Il arrive à créer une atmosphère totalement dérangeante, sale et malsaine qui a tendance à mettre mal à l'aise lors de certaines séquences. Il utilise à merveille le huis clos où il use de beaucoup de flash-back bien dosés. Il est souvent ambigu et Wakamatsu étudie aussi la psychologie de cet homme, troublé et hanté par un passé douloureux dont il se venge sur cette jeune femme.
Pour moi, la violence, le corps et le sexe
sont partie intégrante de la vie
C'est ce qu'à déclaré le metteur en scène lorsque le film est sorti, et c'est ce qu'on ressent, une violence ancrée dans le personnage principal et qui prend sa source dans son passé où il a lui même subit des violences. Il souffre aussi d'être né et d'avoir quitter le ventre de sa mère,c'est bel et bien lui l'embryon du titre, et cet aspect-là est fascinant. En parallèle, il met en scène cette jeune femme qui d'abord est soumise et fait preuve d'une grande force mais qui va peu à peu tenter de se libérer de ses chaines.
En plus de cette qualité d'écriture, et de mise en scène qui fait ressortir une ambiance forte, et une intelligence dans les propos, la réussite du film tient aussi à son esthétisme où le réalisateur japonais maîtrise tout à la perfection, des cadrages à la lumière en passant par sa superbe photographie. Il dirige aussi très bien ses acteurs et ces derniers, notamment Hatsuo Yamatani, arrivent à faire ressortir la complexité de leur personnage.
Lorsqu'il met en scène Quand l'embryon part braconner, Wakamatsu ne laisse aucunement indifférent, sachant faire le portrait d'un homme torturé par son passé et ses pulsions, pour en faire ressortir une ambiance malsaine et sombre.