3 heures et 7 minutes seulement pour Quand les vagues se retirent, c'est presque l'équivalent d'un court-métrage pour Lav Diaz, habitué à des durées bien supérieures. Pas de surprises cependant, il y a toujours des scènes qui s'éternisent chez le cinéaste philippin et dont a du mal à comprendre la raison de l'insistance. A part cela, Quand les vagues se retirent est sans doute l'un de ses films parmi les plus lisibles et souvent captivants, sans doute parce qu'il lui a donné la forme d'un thriller, à combustion lente, certes, mais dont on attend à raison une résolution explosive. Entre temps, le récit suit ses deux protagonistes principaux en parallèle, deux policiers qui ne sont plus en fonction pour des raisons différentes, l'un d'eux souffrant d'une maladie de peau, symptomatique du système philippin gangrené par la corruption et la violence endémique. Lav Diaz n'est pas tendre pour le pouvoir dans son pays et sa force de frappe (militaire et policière), qui semble au-dessus des lois. Réalisé en noir et blanc, le film est d'un esthétisme renversant, notamment dans ses nombreuses scènes nocturnes, et se caractérise par une maîtrise singulière de l'absurde, accompagnée parfois d'un humour féroce et inattendu. Tout ceci fait de Quand les vagues se retirent un objet vraiment digne d'intérêt, même pour les plus réfractaires au style du cinéaste.