Le film majeur de Gosho. Un petit chef d'oeuvre. A Tokyo, dans les années 50, quatre cheminées fumantes dominent la ville. Mais selon l'endroit où l'on trouve, la perspective veut que l'on n'en voit que trois, deux ou une seule. Ce phénomène a inspiré la philosophie de l'histoire originale écrite par Rinzo Shiina : rien n'est tout à fait juste ou faux, tout dépend du point de vue que l'on adopte. Plusieurs histoires se mêlent dans un quartier modeste de Tokyo où vivent tant bien que mal un couple (la femme s'est remariée après la mort de son premier époux dans les bombardements de 45) et deux jeunes locataires, un garçon et une fille qui ont des emplois précaires qu'ils n'aiment pas. Un jour, un bébé est déposé dans la maison. C'est celui de l'homme que l'on croyait mort et qui est devenu clochard. A la lisière du misérabilisme et du mélodrame, Gosho filme une comédie humaine et, parfois, une comédie tout court, avec plusieurs scènes burlesques et absurdes. C'est d'autant plus réussi que l'on y retrouve des comédiens vus chez Ozu ou Naruse, dont la merveilleuse Hideko Takamine.