Un avocate d'âge mûr débute une liaison avec son beau-fils, encore mineur. Jusqu'au jour où ce dernier le révèle à son père. Qu'est-ce que la réalisatrice danoise May el-Toukhy a voulu montrer dans Dronningen ? Que l'abus sexuel n'est pas l'apanage des hommes ? Que le couple est un nid d'hypocrisie et de frustrations ? Quoi qu'il en soit, le film emprunte les voies balisées du drame psychologique en traçant le portrait d'une femme altruiste dans son métier et incroyablement narcissique dans sa vie privée, jouant avec les sentiments d'un adolescent fragile. Un personnage on ne peut plus antipathique, interprété à la perfection d'ailleurs, par Trine Dyrholm, assez courageuse pour jouer des scènes très inconfortables dont une particulièrement scabreuse. Mais au-delà de son intrigue principale, rien ne fonctionne vraiment dans Dronningen qui néglige les protagonistes masculins, à commencer par l'époux cocufié, sans aucune épaisseur. Déjà pesant, le scénario dramatise considérablement le dénouement, non que cela ne soit pas crédible, mais cela ressemble trop à un ressort narratif éculé.