Hiroko gère avec son mari un petit magasin de quartier (alcools et épicerie). Elle vit sous le même toit que sa belle-mère, son beau-frère et sa belle-soeur. Prototype du Shimon-geki (le quotidien au sein d'une famille moyenne), genre brillamment illustré par Naruse, Ozu et Kinoshita, Quelque part sous le ciel immense ne raconte rien d'extraordinaire si ce n'est la vie de l'après-guerre à Tokyo. Le ton est à la mélancolie distillée ici sans excès et principalement présent dans les deux personnages féminins principaux : l'épouse, qui a du mal à se faire accepter et la soeur, dont le fiancé est mort pendant la guerre et dont le caractère s'aigrit peu à peu. Kobayashi fait preuve de beaucoup de bienveillance et ne néglige aucun de ses personnages. Un joli film, bien meilleur que Coeur sincère et cependant inférieur à Les belles années, pour ne parler que de deux films tournés à la même époque par Kobayashi. Atout supplémentaire de Quelque part sous le ciel immense : la présence de la grande Hideko Takamine, dans un rôle hélas secondaire.