Radio Metronom jouit d’un certain charme : le grain de l’image, une belle reconstitution de l’époque, un portrait touchant de l’adolescence (féminine, surtout). Le rythme y est volontairement et grossièrement nonchalant, et le non-évènement en constitue l’action (illustrée par cette première fois qui hésite à se réaliser). Si bien qu’assez vite, le film lasse, ne menant semble-t-il à rien. Puis surgit l’intrusion soudaine du politique et de la violence incarnée par ce très émouvant coup de téléphone dans la gueule, qui a le mérite de réveiller tout le monde et de mettre du mouvement dans d’ennuyeux quoique élégants plans séquences qui semblent avoir positivement influencé le jury cannois ayant décerné le prix de la mise en scène 2022, dans la section officielle « Un certain regard ».
Alexandru Belc, ayant collaboré avec Cristian Mungiu sur le tournage de 4 mois, 3 semaines, 2 jours comme scripte, opte pour un minimalisme narratif, une lenteur soporifique et un vide tenace pour son premier long-métrage, contrebalancés par un formalisme somme toute assez vain.
Un balancement irrégulier entre l’amour et la violence.
5,5/10