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le 12 avr. 2012
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Drôle, léger, rarement cliché -ou en tous cas bien gérés-, Radiostars est une bonne surprise. Surprenant parce que Cornillac fait du Cornillac, Payet fait du Payet... mais accompagnés d'un rouquin...
Difficile de ne pas succomber à l’énergie contagieuse de Radiostars, comédie française qui emprunte les routes de l’Hexagone avec la décontraction d’un road-movie et l’âpreté douce-amère d’une chronique amicale. L’intrigue est un prétexte en or : une bande d’animateurs vedettes, arrogants et parisiens jusqu’à la moelle, se voit contrainte à une tournée de rattrapage en province pour sauver leur radio. Ce choc des cultures, entre fromages méconnus et clubs de golf égarés, est le terreau d’un humour à la fois tendre et féroce. Mais derrière la satire du parisianisme, c’est surtout l’histoire d’une fratrie de fortune, où chaque membre, de l’ex-enfant prodige déchu à l’humoriste rongé par le trac, porte son fardeau avec une vérité désarmante.
Le film puise sa force dans l’incarnation. Clovis Cornillac, impérial en leader lunatique, et Manu Payet, d’une drôlerie fragile, forment avec leurs comparses un casting choral d’une justesse rare. Ces acteurs, dont plusieurs révélations éclatantes, ne jouent pas la carte de la guest-star clinquante ; ils composent des personnages rugueux, secrets, terriblement humains. La mise en scène épouse leur rythme, alternant la frénésie des ondes et la grâce contemplative des paysages traversés, le tout porté par une bande-son qui pulse comme un cœur qui s’emballe. C’est un film qui respire, qui vit, et qui fait de ses apparentes digressions (une rencontre improbable, un aveu nocturne) la matière même de son récit.
Radiostars réussit le pari de transformer un postulat classique en un objet singulier, où la forme épouse le fond avec une élégance ludique. On y rit franc, souvent, mais on y est aussi surpris par des élans de mélancolie. La fiction s’amuse à dépasser la fiction, jouant avec nos attentes pour mieux les subvertir. Au final, ce n’est ni un chef-d’œuvre ni une énième comédie franchouillarde, mais un feel-good movie authentique, porté par une bande de potes à laquelle on croit dur comme fer. Un vrai bol d’air, aussi rafraîchissant qu’un arrêt au Mac Do de Mende après avoir contemplé les gorges de l’Ardèche.
Créée
le 4 mars 2026
Critique lue 14 fois
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