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Film de Charles Belmont (1972)

dARK waters: belle oeuvre pourtant sur le cancer, les aidants, une malade, la médecine en France etc

Le Cuisinier, le voleur de vie, sa femme cible et son docteur

"Maman, moi aussi j'ai besoin de toi" (l'aidant à celle qu'il ...aide)
"faut en prendre votre partie" finit par ajouter le docteur qui a annoncé la mauvaise nouvelle au fils et puis "c'est une dame âgée" or, sauf erreur, on entendra qu'elle a "60 ans". (nb: on apprend d'ailleurs plus tard que les "boulettes"... en russe sont des Pel' meni...sauf que c'est sans doute à l'époque pas une boulette quand le docteur parle de femme âgée pour une sexagénaire; il était sérieux et formé comme ça).

On suit le quotidien d'une malade à domicile avec son fils et une aide médicale.

Le fils se fait cuisinier, pilulier, G.O...etc.

Puis le film se révèle un document sur la position du patient dans la médecine française, sur l'absence de médecine préventive et sur la corruption de certains médecins.

Quelques scènes sortent de l'appartement: l'hôpital, un restaurant, un flashback dans des corons

La voix off du fils suggère aussi des flashbacks et surtout de très forts flashforwards que se font le spectateur...rêves éveillés de scènes du film très fortes que le spectateur ne se fait qu'à l'aide de la voix du narrateur, le fils. Un hors-champ inoubliable, délicat puisque le contraire d'un porno émotionnel: le réalisateur fait confiance au spectateur de se compléter le film et faire le film.


Quelle surprise et émotion!

Un "vieux" film de 1972 qui parle de 2026.

J'en ai pourtant vu passer des livres sur les aidants, des programmes radio et télé sur les aidants et sur le cancer et sur la médecine mais jamais un film quasi que sur le quotidien d'un aidant.

On a beaucoup de bons films sur des malades mais pas tant que cela sur aussi les aidants.


Il m'a rappelé l'effet que j'avais eu à Dark waters: projet porté par l'acteur Mark Ruffalo.

Ici, je découvre après sur SC que c'est aussi porté par un acteur, Charles Belmont.

dARK waters est (aussi) sur l'empoisonnement volontaire par un labo qui en toute connaissance de cause a laissé utiliser des produits donnant entre autres le cancer (labo perdant lentement mais surement tous les procès mais continuant quand même à asperger la planète et nos corps avec le produit). 'Aspergeant' comme un peu le font les vaisseaux dans La guerre des mondes (où ils repeignent tout en rouge sang). Les labos encore actuels de Dark waters nous aspergent aussi de polluants permanents et autres PFAS.


Son montage m'a rappelé celui de films de Michel Deville: peut-être que c'était alors une mode ou les monteurs étaient issus de la même formation. (eg.: arrêts sur image + montage de plan fixes comme des photos, sur des détails +début de conversation et phrase dans une scène, suite de la phrase dans une autre scène etc. )

De vraies photos physiques dans la scène/pièce servent de flashbacks visuels.

Des propos dans la voix off servent de flashbacks auditifs.

Mais la voix-off décrit parfois un flashforward percutant ("2 mois après elle partait en hôpital") voix-off changeant alors tout le ton de la scène, voix off offrant un filtre à nos yeux, en y jetant un voile de "fatum"? (puisqu'on connait alors le « destin, la destinée » de la malade dans la scène). J'ai aimé cette réalisation, son montage etc.


Une scène est étonnante en 2026 où la plupart des médias conservateurs inondent de mensonges au sujet "d'arrêts maladie (soi-disant) de complaisance"...ici, un médecin aurait témoigné du contraire: le docteur local était manipulé par un système de prime pendant des années à refuser des certificats médicaux aux mineurs dont il renvoyait les gravement malades au travail? Ce qui me rappelle que sans m'en rendre compte de suite, le montage contient énormément de scènes d'argent, parfois rapides, voire subliminales, où du cash est utilisé pour payer tous les actes, visites...



Le film est aussi sur le alors débat sur dire la vérité au patient ou pas: ici, elle n'est d'abord dite qu'au fils. Est ce que la patiente étant une femme est alors aussi une circonstance aggravante pour la laisser hors du circuit d'information? (Déjà qu'elle sait à peine pour qui voter?...)

Puis le fils se dit qu'en connaissant son ennemi, le boxeur est peut-être meilleur au combat...sa malade , connaissant alors sa maladie se met à physiquement et littéralement se battre...elle se bat les jambes...La volonté est elle une force ou pas?

Je vais le guérir ton foie à force d'amour"


Je trouvais l'actrice jouant la mère, la malade, la battante...sonnant très juste et SC m'apprend que c'est l'actrice qui jouait la mémorable droguée en manque éclipsant rien de moins que Jean Gabin dans Razzia sur la chnouf, LILA KEDROVA. La scène où en manque elle crie et explique, m'avait tant, tant, marqué.







En autre cancan, l'actrice jouant l'infirmière à domicile a été "proche" de Jean Pierre Marielle...je le découvre par accident car il n' y a pas sa photo sur SC donc je suis allé voir ce qu'avait fait d'autre cette Noëlle Léiris...internet me donne des détails d'un livre que je possède:

_"Jean-Pierre fait la connaissance d'une comédienne, Noëlle Léiris ... proche...beaucoup..." (étudiante en lettres...elle prend aussi des cours de danse avec ...il va la chercher...c'est chez Louis-Ferdinand Céline) (page 124/125 de La Bande du Conservatoire de Philippe Durrant).

Créée

le 5 févr. 2026

Modifiée

le 5 févr. 2026

Critique lue 63 fois

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