Razorback
5.9
Razorback

Film de Russell Mulcahy (1984)

Eh bien, c'est beaucoup mieux que dans mon (lointain) souvenir, dis donc ! C'est une vraie petite bombe des années 80 qui donne le tournis tellement elle déborde d'idées visuelles. J'avais gardé le souvenir d'un long clip aux couleurs criardes dont le "monstre" ne m'avait pas emballée.

La palette de couleurs utilisée par Mulcahy, oscillant entre l'orange vif le jour et le bleu profond la nuit, les ciels fantastiques à coups de filtres et les éclairages puissants qui illuminent l'outback donnent une sensation permanente d'être dans un ailleurs inquiétant, de vivre un cauchemar éveillé. Après le soleil brûlant des jours, les nuits suréclairées n'offrent pas plus de repos. L'Australie est filmée comme une planète inconnue, dangereuse, inhospitalière. On a parfois l'impression d'être sur Mars. Quant aux habitants... Ils sont tous moches, plus ou moins tarés et encore plus dangereux que le razorback. L'Australie est vue comme un monde à part, peuplé de prédateurs (humains ou animaux) et produisant des créatures mutantes. Et les animaux mutants sont loin d'être les plus féroces.

Mulcahy insiste aussi sur le côté macabre de l'outback, avec cet abattoir (clin d'oeil à Massacre à la Tronçonneuse" ?) sinistrement dressé au milieu du désert, ou cette horrible mare-charnier, point de ralliement des cochons sauvages. Les carcasses sanguinolentes et les ossements abondent sous le soleil et contribuent efficacement à l'atmosphère de mort qui plane sur le film. On croirait presque sentir l'odeur pestilentielle de viande pourrie. On est bien dans un film d'horreur.

Mais pas que. En effet, ma plus grosse surprise - et la meilleure peut-être, c'est la présence régulière de l'humour. Un humour potache qui se marie très bien avec la sauvagerie des lieux et des habitants. Je pense surtout à la scène hilarante du mec affalé dans son canapé qui regarde, hébété, la moitié de sa baraque et sa télé encore en marche s'éloigner dans le désert, emportées par le razorback. Génial.

Rigolo de retrouver une actrice de "Mad Max 2" dans les rôles principaux. J'ai revu le film en VF pas terrible, mais je soupçonne que la V.O. sera meilleure.

La B.O. est très typée années 80, mais elle ne m'a pas gênée, comme c'est souvent le cas, parce qu'elle est plutôt discrète.

Créée

le 30 mai 2025

Critique lue 48 fois

Maîrrresse

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