6
le 29 mars 2018
SuivreThe grateful eighties
Le blockbuster a toujours indexé sa hype sur les évolutions technologiques : en essayant d’en mettre plein les yeux à son public, les équipes ont révolutionné d’abord d’inventivité, puis de moyens,...
Je ne m'attendais pas à devoir étriller un film de Steven Spielberg, et encore moins une ode à la pop culture des années 80, mais il va falloir se rendre à l'évidence, ce monument clinquant bourré de références régressives souffre d'un certain nombre de défauts accablants, que ses indéniables qualités techniques ne parviennent pas à gommer. A vrai dire, vouloir rendre un hommage appuyé à une époque, ça entraine immanquablement le risque de ne faire que citer des références sans parvenir à dominer son sujet, et, de fait, on se retrouve là devant une sorte de catalogue pléthorique de références (Buckaroo Banzaï, Terminator 2, Duran Duran, Gremlins, enfin, vous voyez le genre...) qui, s'il fait indubitablement plaisir au connaisseur, se contente hélas d'aligner les clins d’œil sans parvenir jamais à élever le débat. Car rien n'est véritablement neuf, dans ce bric-à-brac tape à l’œil. Même le jeune héros, sorte de Spielberg en chrysalide, a une tête de déjà-vu et assume en tous points un cahier des charges usé jusqu'à la corde, entre Marty Mc Fly et Billy Peltzer. Ses acolytes sont autant de clichés éculés que rien ne vient sauver du marasme. Et puis, c'est bien connu, quand le méchant est raté, le film est raté (pour autant qu'on considère la présence d'un méchant encore indispensable de nos jours, mais je ne lance même pas le débat...), et dans le cas qui nous occupe, comme dans celui de La forme de l'eau, le bad guy est, dans le catalogue de ses semblables, une version cheap de ce qui se fait de pire. Le dénouement repose sur des ressorts psychologiques, notamment de sa part, si invraisemblables qu'on pense à la coda d'un morceau d'Yves Duteil. Bref, tonton Steven cachetonne, se laisse submerger par les moyens en oubliant les fins, et signe là un poncif monumental, désincarné et creux qu'on efface de sa mémoire aussitôt les portes du cinéma franchies. Et qu'on m'épargne le couplet moisi sur la nécessité de préserver son âme d'enfant, par pitié : la mienne scintille au firmament du Pays des Merveilles. Finalement, la seule impression durable dans ce ratage qui valait trois milliards, c'est cette interrogation majuscule à propos du réalisateur de La liste de Schindler... quel genre de personne peut à la fois signer ce plaidoyer déchirant au sujet de l'Holocauste et une pantalonnade aussi vide que ce Ready Player One ? Combien sont-ils, là-dedans ? Franchement, j'en vois au moins un qui mériterait un avis d'extradition dans les règles...
Créée
le 29 avr. 2018
Critique lue 259 fois
6
le 29 mars 2018
SuivreLe blockbuster a toujours indexé sa hype sur les évolutions technologiques : en essayant d’en mettre plein les yeux à son public, les équipes ont révolutionné d’abord d’inventivité, puis de moyens,...
10
le 28 mars 2018
SuivreQue dire ? Que dire à part "C'est génial !" Que dire à part : "Il faut y aller putain ! Que dire à part : "Wouha !" Un petit "Merci Steven ?" Certainement. Car Ready Player One, c'était un fantasme...
8
le 9 avr. 2018
SuivreLa nostalgie, c'est quand même bien pratique. Ca nous offre l'occasion de nous replonger avec émotion dans nos vieux souvenirs d'enfance ou d'adolescence, de les enjoliver au passage et de pouvoir se...
5
le 18 déc. 2019
SuivreIl va vraiment falloir que je relise le somptueux roman graphique anglais pour aller exhumer à la pince à épiler les références étalées dans ce gloubiboulga pas toujours très digeste, qui recèle...
9
le 9 sept. 2019
SuivreJe ne peux guère prétendre y entendre quoi que ce soit à la fission nucléaire et, comme pas mal de gens, je présume, je suis bien contente d'avoir de l'électricité en quantité tout en étant...
8
le 16 avr. 2021
SuivreCivilisation : "État de développement économique, social, politique, culturel auquel sont parvenues certaines sociétés et qui est considéré comme un idéal à atteindre par les autres." Cela ne...
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème