On adhère pas tous à l’humour de Quentin Dupieux. On adhère pas tous, plutôt, au personnage qui s’auto-référence toujours autant dans ses films, soit en citant ses oeuvres filmiques précédentes, soit en utilisant systématiquement ses propres compositions musicales.

Alors, oui, il peut nous sembler un tantinet agaçant, ce Quentin Dupieux. Mais malgré tout, il est toujours très plaisant de visionner ses films.

Parce qu’il manie avec brio les ficelles de ses scénarios, décalés à souhait, parfois inintelligibles. Son cinéma s’associe difficilement à un genre défini, tant il dépasse aisément toutes les frontières. Son dernier film, Réalité, semble nous prouver encore une fois que son art ne se définit pas, que la signature même du réalisateur serait celle-ci; le cinéma non défini, sans frontières, sans le respect des conventions scénaristiques classiques, et j’en passe.

Mais il n’y a pas que le non sens qui prédomine le cinéma de Dupieux. On retrouve dans Réalité la poésie de Wrong, qui manquait peut-être un peu à Wrong Cops. Cette poésie se traduit en image, via une mise en scène toujours contrôlée, et par les personnages, attachants, drôles, absurdes, paranoïaques, justes. Quentin Dupieux semble même se livrer un peu, à travers le personnage de Jason, lancé dans cette quête folle de trouver le meilleur gémissement. Le réalisateur évoque alors, discrètement, ses faiblesses, son rapport ambigu à la création, et pour aller plus loin, sa vision du système et de ses récompenses (il évoque l’oscar du meilleur gémissement, rien que ça).

Réalité n’est pas un film vain, car en plus d’être drôle, il parvient à provoquer chez le spectateur un sentiment d’euphorie, d’hallucination, comme si notre cerveau était en surchauffe, comme si l’eczéma nous rongeait aussi à l’intérieur.
Julie_La_Roque
7
Écrit par

Créée

le 10 mars 2015

Critique lue 344 fois

Réalité

Réalité

9

Frédéric_Perrinot

le 13 févr. 2015

Suivre

La symbolique des rêves ( Spoilers )

Il est très difficile de parler d'un film de Quentin Dupieux, comme il est difficile parfois de le regarder et de le comprendre. Dupieux faisant un cinéma du malaise et de l'oppression, si ceux-ci...

Réalité

Réalité

8

Sergent_Pepper

le 23 févr. 2015

Suivre

Mise en abysses.

Les prologues de Dupieux avaient jusqu’alors toujours été d’une radicalité assez jubilatoire : discours programmatique comme ode au non-sens (Rubber), tableau surréaliste et mutique (Wrong), ils...

Réalité

Réalité

4

CinemAd

le 11 févr. 2015

Suivre

No reason

Il faut que vous sachiez une chose : j'ai un problème avec Quentin Dupieux. D'une, je pense que c'est un gars qui a un melon de la taille d'une montgolfière et je déteste les gens qui prennent de...

Only Lovers Left Alive

Only Lovers Left Alive

9

Julie_La_Roque

le 30 mars 2014

Suivre

Critique de Only Lovers Left Alive par Julie_La_Roque

Les cinq premières minutes, plutôt pompeuses, n’étaient pourtant pas très engageantes. Enfin, si on laisse de côté les plans divins de la divine Tilda. La première séquence du film annonce donc le...

Palo Alto

Palo Alto

4

Julie_La_Roque

le 19 juin 2014

Suivre

Critique de Palo Alto par Julie_La_Roque

Dans la famille Coppola, je demande la nièce. Gia Coppola, qui a tout récemment fait ses premiers pas au cinéma avec son film Palo Alto, ouvertement inspiré des nouvelles de James Franco. Palo Alto...

Night Moves

Night Moves

9

Julie_La_Roque

le 20 mai 2014

Suivre

Critique de Night Moves par Julie_La_Roque

Mon coup de coeur cinématographique du moment, c’est Night Moves. Je ne connaissais la réalisatrice, Kelly Reichardt, que de nom. La bande annonce était plutôt attirante, pas trop révélatrice, juste...