Rebuilding, c’est typiquement le genre de titre qui présente plusieurs niveaux de lecture. Car si la « reconstruction » est à prendre au pied de la lettre – un homme tentant de reconstruire sa vie après avoir perdu son ranch, emporté par un incendie, – elle désigne d’autres facettes de l’intrigue. En effet, il s’agit aussi d’une reconstruction familiale, le personnage principal tentant de se rapprocher de sa fille et de son ex-femme. D’une reconstruction sociale, cet homme se rendant compte qu’il a longtemps vécu sur ses terres sans jamais prendre conscience des voisins qui vivaient près de lui – et réciproquement. Et qui, par leurs logements de fortune, vont reconstruire une communauté qu’ils n’ont jamais vraiment bâti. Et enfin d’une reconstruction personnelle, obligeant le protagoniste à faire face à la situation et ses dilemmes – comme cette envie de s’éloigner de sa fille pour tout recommencer à zéro dans le Montana – pour, tout bonnement, se relever. C’est ainsi que se présente Rebuilding, un film indépendant américain qui joue sur les significations littérale et introspective de son titre pour livrer un drame touchant et humain. Savamment interprété et profitant d’une ambiance chaleureuse. Mais derrière cette ambition plus que louable, il est dommage que Rebuilding n’aille pas au-delà de ce qu’il présente. Car s’il donne du baume au cœur par son intrigue et le parcours de son personnage, le long-métrage ne propose en réalité rien d’autre. Que ce soit en termes de récit ou d’émotion. Pendant près d’1h15, l’ensemble déroule le portrait de cet homme qui passe son temps à se rendre compte de la situation et à réfléchir à cette dernière. Pour profiter d’une dernier quart d’heure pour véritablement agir. Il y a quelque chose de frustrant à voir une œuvre aussi humaine débiter son programme aussi posément, aussi simplement, pour se terminer sur une note solaire mais non impactante. Et c’est clairement ce que je reproche à Rebuilding : être un film parlant d’humanité et s’en contenter, alors qu’il y avait clairement matière à être plus poignant et inoubliable.

sebastiendecocq
6
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le 6 août 2026

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