On ne sait rien des relations entre Dusty et Callie Rose (sa fille) avant l’incendie, qui a détruit mille maisons et donc autant de vies. Le titre, reconstruction peut à la fois s'appliquer au matériel, qui ne prendra forme qu'à la toute fin du film, qu' à la relation Dusty / Callie Rose, une relation qui peu à peu se re-créée, entre cette fillette tellement en amour – muettement - avec son père, et celui-ci qui s'ouvre peu à peu, jusqu'à changer pour elle l'orientation de sa nouvelle vie.
Il y a des moments magnifique d'amour dans ce film, quand Madigan (l'ex belle-mère de Dusty) contemple simplement sa petite-fille avec cette chaleur propre à l’amour sincère porté à un enfant ou un petit-enfant, un sentiment impossible à traduire véritablement par des mots, ou quand on apprend qu'elle laisse le peu d'argent dont elle dispose (à peine plus de 10 000 dollars à son ex gendre et à sa petite fille pour ses études.
C'est un film d'amour presque muet, dans lequel Josh O’Connor restitue magnifiquement le langage corporel d’un homme dépourvu du vocabulaire nécessaire pour exprimer ses émotions contradictoires.
Rebuilding sonne juste sur le plan artistique, et plus que tout, nous voulons voir Dusty et Callie Rose reconstruire leur vie ensemble. Et pas simplement pour la rétablir telle qu’elle était, mais pour la rendre plus solide et meilleure qu’elle n’aurait jamais pu l’être auparavant.
Encore un de ces miracles du cinéma indépendant.