Red One
5.1
Red One

Film de Jake Kasdan (2024)

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« Je l’ai seulement ajustée à la réalité »

Red One se donne telle la production de Noël grand public made by Amazon, dans le sillon d’un Candy Cane Lane (Reginald Hudlin) sorti l’an dernier : on convoque pour cela une partie de l’équipe en charge des deux volets de la saga Jumanji (2017 et 2019), à savoir le médiocre Jake Kasdan à la réalisation, Dwayne Johnson en tête d’affiche et Henry Jackman à l’orchestre. Le résultat décevrait si tant est que l’on en attendît quelque chose. Le principal défaut du film réside dans son scénario signé Chris Morgan, à l’origine des Fast and Furious et du dernier Shazam! (David F. Sandberg, 2023) – c’est dire ! – qui multiplie les retournements improbables, surcharge l’intrigue principale par des digressions maladroites et inutiles.

S’y infusent des rapports de force virilistes qui semblent issus d’un autre âge : le buddy movie entre The Rock et Chris Evan ne fonctionne jamais, chacun livrant bataille à l’autre sur le terrain de la caricature, leurs enjeux sensibles demeurent de l’ordre de l’intention d’écriture ; de même, nous rencontrons le Père Noël au détour de la salle de fitness alors qu’il soulève des poids… Cet éloge du développement personnel, auquel l’autodérision n’enlève rien, rappelle que la société de production SevenBucksProd est détenue par Dwayne Johnson, soucieux d’imposer son image de catcheur au grand cœur dans le divertissement hollywoodien : l’acteur se sera rarement montré aussi sentencieux – exemple de réplique : « nous choisissons chaque jour qui nous voulons être » -–, et le second degré qui jalonne le récit ne parvient pas à gommer sa posture de moraliste de salle de sport qui mise tout sur les muscules.

Si certaines séquences d’action se distinguent de la bouillie générale par leur inventivité et leur générosité, elles sont gâchées par un montage charcutier et par des effets visuels inégaux, mention spéciale à l’assaut au domicile du personnage campé par Chris Evans, scène d’une infinie laideur. Voilà donc une production régressive dont l’apologue, suivant lequel les adultes doivent retrouver l’enfant qui se cache en eux, déconcerte par sa franche bêtise et par son hypocrisie congénitale, engagée au contraire dans une capitalisation dépourvue de toute magie.

Créée

le 13 nov. 2024

Critique lue 249 fois

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4

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